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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 10:52

115 collaborateurs s’envolent de la Sarkozie
de : Claire Berthelemy et Pierre Leibovici
vendredi 4 mai 2012 - 23h10
1 commentaire

L’infographie des amis que l’on remercie : regardez comment le gouvernement et l’Élysée ont recasé leurs loyaux serviteurs. Dans les semaines qui ont précédé ce second tour, entre le 1er janvier et le 1er mai, 115 conseillers, directeurs de cabinets et collaborateurs des ministres et du chef de l’État ont été promus à des emplois plus stables. OWNI a compilé ces mouvements de personnels très politiques en une image globale. Ils sont tous là.

On connaîtra le nom du prochain Président dans quelques heures mais certains ont pris les devants. Et depuis plusieurs semaines. Dès le mois de janvier, un discret mouvement de valises et cartons a agité les cabinets ministériels et l’Élysée. Directeurs, directeurs adjoints et conseillers des ministres, ils ont quitté leur ministre ou le chef de l’État pour des postes… plus stables.

OWNI vous propose une visualisation complète de ces promotions des collaborateurs des ministres, depuis leur cabinet de départ jusqu’à leur nouvel emploi. Manière de mesurer l’ampleur des mouvements pré-élection présidentielle.

Data-départs

Au total, ce sont 115 conseillers qui prennent la poudre d’escampette vers des ambassades, des préfectures, dans l’enseignement ou l’administration, entre autres. Sur les 550 collaborateurs que comptent les différentes instances gouvernementales. Étonnamment, peu d’entre eux se sont tournés vers le privé : 16 proches des ministres ont été nommés chez Orange (le directeur adjoint du cabinet de Valérie Pécresse), Safran, la BNP (un conseiller de Valérie Pécresse aussi) – ou encore le MEDEF, le Conseil national des entreprises de coiffure et Valéo (un des conseillers d’Éric Besson). Voire la plume de Gérard Longuet à la rédaction en chef de lafranceforte.fr (là c’est du provisoire).

Hormis les départs ministère par ministère, dont le détail est disponible dans le tableau suivant (nous y avons précisé tous les détails nominatifs et administratifs), OWNI a également visualisé l’accélération de la fuite des collaborateurs. Où l’on apprend que le nombre de départs a été multiplié par quatre entre le mois de janvier et le mois d’avril – date à laquelle le comptage des départs s’arrête.

Cliquez sur l’infographie pour la voir en grand

La palme d’or du cabinet le plus démembré est attribuée au Premier ministre, avec 23 départs en quatre mois. Les collaborateurs de François Fillon ont choisi le privé (pour cinq d’entre eux) plutôt que l’administration. Les 13 autres se répartissent les préfectures, ambassades, établissements publics, mais aussi les Grands corps d’Etat ou l’enseignement et la Justice. Arrive en deuxième position le ministère des Affaires étrangères et européennes et ses 13 départs. Le Quai d’Orsay cumule à la fois un fort taux de départs et un taux maximum de départs dans une seule direction : les ambassades. On notera aussi l’annonce du dernier départ d’avril : Véronique Gomez, fille de Michel Mercier et conseillère parlementaire de son père à la Justice pour la Caisse des dépôts et consignation.

La majorité des mouvements se font en faveur de l’administration, au sein d’un même ministère, dans un ministère différent ou encore dans l’un des nombreux services déconcentrés de l’État. On enregistre ainsi 37 départs de ministères vers l’administration. L’autre grand mouvement des collaborateurs se fait vers le corps diplomatique, au service des ambassades avec 19 départs – dont les fameux 13 du ministère des Affaires étrangères. Ensuite 11 acteurs publics quittent les cabinets pour un établissement public et une dizaine s’engagent en préfecture.

Les bonnes volontés quittant le pouvoir étatique pour l’enseignement ou la justice sont moins nombreux avec respectivement 8 et 6 départs entre janvier et avril. Les rangs sont clairement clairsemés à l’appel des collaborateurs abandonnant leur ministre pour les grands corps de l’État et l’Elysée (une seule arrivée : le directeur adjoint du cabinet de Claude Guéant). Le seul ministère n’ayant enregistré aucun départ entre le 1er janvier et le 30 avril 2012 est celui des Sports, sous la direction de David Douillet.

La fabrique de l’info

Pour agréger les données, nous avons récupéré les annonces des différentes nominations sur le site Acteurs publics , que nous avons ensuite agencées dans plusieurs tableaux. Pierre Laberrondo, journaliste en charge chez Acteurs publics de mettre à jour les départs et les arrivées, explique :

les nominations publiées sur le site correspondent à une consultation quotidienne du Journal officiel et du Bulletin quotidien, tandis que c’est en passant quelques coups de téléphone que nous parvenons à obtenir les lieux d’arrivée.

À noter que le ministère de l’Écologie a été rattaché à Matignon depuis le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet, devenue porte-parole de la campagne du président-candidat. Nous avons cependant décidé de séparer les départs depuis ce ministère de ceux de Matignon pour des raisons de lisibilité.


Au design, Loguy Batonboys, à l’édition Ophelia Noor, à la rédaction Claire Berthelemy et Pierre Leibovici /-)

http://owni.fr/2012/05/04/115-colla...


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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 10:48

Pour Sarkozy, la perspective d'un troisième tour judiciaire - Thierry Lévêque - BELLACIAO
Pour Sarkozy, la perspective d’un troisième tour judiciaire
de : Thierry Lévêque


En cas de défaite le 6 mai prochain, Nicolas Sarkozy risque d’être convoqué par les juges dans au moins deux dossiers visant de supposées malversations financières qui ont troublé l’exercice de son mandat et où les investigations progressent.

Le président sortant, qui a bénéficié durant cinq ans d’une immunité pénale liée à son statut, redeviendra un justiciable ordinaire un mois après la fin de ses fonctions, soit vers la mi-juin, s’il perd le second tour, stipule la Constitution.

Les deux dossiers dans lesquels il pourrait être mis en cause visent un éventuel abus de faiblesse sur l’héritière de L’Oréal Liliane Bettencourt et une supposée corruption en marge de la présidentielle de 1995 - l’affaire "Karachi".

Fait plutôt rare en période électorale, les enquêtes n’ont pas été interrompues et les instructions arrivent même dans une phase cruciale.

Dans l’affaire Bettencourt, l’ex-gestionnaire de fortune de la milliardaire Patrice de Maistre, écroué depuis le 23 mars, a demandé mardi sa remise en liberté à Bordeaux.

Dans l’affaire Karachi, l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine a été à nouveau interrogé par le juge Renaud Van Ruymbeke, sur fond de nouvelles découvertes. Il a mis en cause mardi Nicolas Sarkozy devant la presse.

Le président sortant peut craindre que ces affaires le rattrapent car, pour la première fois dans l’histoire de la République, un ancien chef d’Etat, Jacques Chirac, a été condamné pénalement le 15 décembre 2011 à deux ans de prison avec sursis pour des faits remontant aux années 1990, quand il était maire de Paris.

Cette décision, par laquelle le tribunal de Paris a rappelé "l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques", a marqué une étape dans la longue histoire des "affaires".

LE PROBLÈME DE LA CJR

Nicolas Sarkozy a été vivement attaqué pendant la campagne, notamment par l’écologiste Eva Joly.

Elle avait qualifié d’"anomalie" le fait de "pouvoir solliciter un deuxième mandat lorsque vous êtes cerné par des affaires judiciaires et dans lesquelles vous ne vous expliquez-pas", avait-elle déclaré sur France 2.

Nicolas Sarkozy a fait part de son "mépris" envers ces accusations et s’est dit victime de manoeuvres politiques visant à le discréditer.

Dans le dossier Bettencourt, des retraits en espèces sur la fortune de l’héritière visant à financer frauduleusement la campagne Sarkozy en 2007 sont soupçonnés. Le président sortant parle de "ragots" et rejette les accusations.

Le juge Jean-Michel Gentil a déjà poussé l’enquête dans sa direction, saisissant ses comptes de campagne 2007, des agendas des Bettencourt montrant une possible visite de l’actuel président pendant la période de la campagne 2007, ainsi qu’un journal intime du photographe François-Marie Banier prêtant ces mots à Liliane Bettencourt en 2007 : "De Maistre m’a dit que Sarkozy avait encore demandé de l’argent."

Une audition, voire une mise en examen, paraissent juridiquement inéluctables en cas de défaite.

L’affaire Karachi est plus compliquée, car si le nom de Nicolas Sarkozy apparaît bien dans le dossier d’enquête, c’est en qualité de ministre du Budget (1993-1995), fonction dans laquelle il aurait selon un rapport de la police luxembourgeoise approuvé la création de structures off-shore au Grand-Duché.

L’hypothèse des juges est qu’elles ont servi au détournement partiel, à des fins de financement politique frauduleux, de commissions légales convenues en marge de la vente de sous-marins au Pakistan (84 millions d’euros) et de frégates à l’Arabie saoudite (200 millions d’euros) dans les années 1990.

Nicolas Sarkozy nie tout rôle dans la création de structures off-shore et, à propos d’un éventuel lien entre les commissions et l’attentat, il a parlé de "fable".

"Il ne sortira rien de tout cela et tout le monde le sait", a-t-il dit en octobre 2011 sur TF1 et France 2.

Une audition comme témoin par les juges est possible, mais des poursuites semblent exclusivement relever de la Cour de justice de la République (CJR), seule institution compétente pour les actes ministériels. Le candidat socialiste François Hollande propose toutefois de la supprimer et de déférer les ministres devant les juridictions ordinaires.

Cet éventuel "troisième tour judiciaire" se déroulerait dans un climat de rancoeur dans la magistrature, qui lui reproche une série de lois pénales et une supposée tentative de mise sous l’éteignoir des enquêtes, notamment dans les affaires Karachi et Bettencourt.

Suite à ces problèmes, le candidat PS comme Nicolas Sarkozy proposent tous deux de changer le statut du parquet pour le rendre plus indépendant, et François Hollande avance aussi l’idée d’un changement du statut pénal du chef de l’Etat.

mardi 24 avril 2012

http://fr.reuters.com/article/topNe...


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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 10:47

Philippe Poutou évacué de la mairie de Bordeaux après avoir chanté L'Internationale - Laurie Bosdecher - BELLACIAO


Philippe Poutou évacué de la mairie de Bordeaux après avoir chanté L’Internationale
de : Laurie Bosdecher

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"On a bien braillé. Je crois qu’on les a énervés". L’ex-candidat du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) à l’élection présidentielle, Philippe Poutou, a fait un passage remarqué à mairie

En milieu de soirée, l’ex-candidat du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) à l’élection présidentielle, Philippe Poutou, a fait une incursion bruyante dans la cour de l’hôtel de ville de Bordeaux puis a été évacué.

"Avec une quinzaine de militants du NPA, on a eu envie de voir la tête qu’ils (les militants UMP, ndlr) faisaient", raconte-t-il. A la mairie, étaient réunis les sympathisants de l’UMP.

"On a passé le premier cordon à l’entrée de la cour et on s’est mis à chanter "L’Internationale" puis "On lâche rien, tout est à nous". On a bien braillé. Je crois qu’on les a énervés", poursuit-il.

L’opération n’aura duré que quelques minutes. Du personnel en charge de la sécurité les a fait sortir "en douceur", précise-t-il, de la cour de la mairie.

http://www.sudouest.fr/2012/05/06/p...



"On a bien braillé. Je crois qu’on les a énervés". L’ex-candidat du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) à l’élection présidentielle, Philippe Poutou, a fait un passage remarqué à mairie

En milieu de soirée, l’ex-candidat du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) à l’élection présidentielle, Philippe Poutou, a fait une incursion bruyante dans la cour de l’hôtel de ville de Bordeaux puis a été évacué.

"Avec une quinzaine de militants du NPA, on a eu envie de voir la tête qu’ils (les militants UMP, ndlr) faisaient", raconte-t-il. A la mairie, étaient réunis les sympathisants de l’UMP.

"On a passé le premier cordon à l’entrée de la cour et on s’est mis à chanter "L’Internationale" puis "On lâche rien, tout est à nous". On a bien braillé. Je crois qu’on les a énervés", poursuit-il.

L’opération n’aura duré que quelques minutes. Du personnel en charge de la sécurité les a fait sortir "en douceur", précise-t-il, de la cour de la mairie.

http://www.sudouest.fr/2012/05/06/p...

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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 10:45

CGT Randstad : Le SMIC a 1700 euros c'est possible - cgtinterim - BELLACIAO
CGT Randstad : Le SMIC a 1700 euros c’est possible
de : cgtinterim
lundi 7 mai 2012 - 12h33
> Emploi-chômage > Syndicats

Si on écoute le Medef et l’UMP les salaires sont trop élevés sauf bien sur, ceux des grands patrons et donc selon eux un SMIC à 1700 euros ruinerait le pays (?)

Nous produisons, à euros constant, le double de richesse par rapport à 1981(prés de 2000 milliards) pour seulement 10% de population en plus, nous n’avons jamais été aussi riche

La revendication du Syndicat CGT Randstad de porter le SMIC à 1 700 euros brut n’a absolument rien d’irréaliste ou même de loufoque.

En effet : - Cela représenterait simplement une hausse de 21%.
Alors même que cela fait 5 ans que le SMIC n’a bénéficié d’aucun coup de pouce significatif (+0,76/h depuis 2007) - Cela n’était jamais arrivé sous la 5em république.

En 1968 il avait été augmenté de 35 %
En 1981 un coup de pouce de 25%

- L’HUMAIN D’ABORD !

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- SMIC à 1700 e : c’est possible ! Transferts de charges, Suppression et redistribution des niches fiscales

Cette mesure couterait entre 11 et 13 milliards, la suppression de 70% des niches fiscales rapporterait 175 milliards.

Dans les grands groupes il suffirait de modifier la répartition salariés/actionnaires

- Les patrons du CAC 40 ont eux étés augmentés de 34 % sans que cela pose le moindre problème.
Comment peut-on vivre aujourd’hui avec un SMIC à 1098 euros ( ?) - À peine 150 euros au-dessus du seuil de pauvreté ??

Cette hausse sera de 240 euros de salaire net pour un temps plein, d’où notre exigence sur le contrat de travail :
Le CDI à temps plein est le seul contrat qui vaille !

Il y a prés de 3 Millions de travailleurs payés au SMIC, 10,6 % de la population active, cela représentera pour eux une juste augmentation. La relance de l’économie par la consommation car cette manne n’irait pas à l’épargne mais bien à la consommation, à hauteur de 80 %.

L’amélioration des conditions de vie de 3 millions de salariés serait bénéfique pour tous, elle leur permettrait d’acheter des produits de meilleures qualités écologiques.

Il faut aider les PME/TPE en leurs permettant l’accès aux financements à couts réduits pour diminuer leur charges financières avec un escompte à taux zéro. La création d’un pole financier public afin de mettre en place une autre politique de crédit.

La relance de l’activité permettrait à ces TPE/PME de voir leurs carnets de commande se remplir et ainsi d’avoir une politique de bons salaires.

Pourquoi ce qui est possible pour les patrons, + 34%, serait impossible pour les salariés ?

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Depuis 2000 + 10 points ! Les revenus de la propriété versés : 1/3 des richesses créée ! C’est énorme ! Voila une autre explication que celle invoquée sans cesse par le Medef qui est celle de « L’excès du cout du travail »

C’est bien le capital qui opprime le travail il faut changer les modes de gestion et réduire les dividendes versés aux actionnaires.
Reversement des bénéfices aux chers (très chers) actionnaires : Sanofi 62%, GDF Suez 83%, l’Oréal 44%, Bernard Arnault 43%

Sur les 3 millions de Smicard prés de 80% d’entre eux travaillent dans les secteurs des services et donc aucun risque de délocalisation.

Cette hausse du SMIC ne menace en rien l’emploi

N’oublions pas que contrairement à l’Allemagne, en France le seul moteur aujourd’hui qui tourne est celui de la consommation, il ralenti de plus en plus et seule une augmentation significative des salaires permettra la relance.

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-SMIC à 1700 e brut, un choix de société et un outil efficace pour la croissance et la création d’emplois.

- Les problématiques du carnet de commande et de la trésorerie vitale sont bien ce dont souffrent les petites entreprises, bien plus que celle du niveau des salaires.

- La création d’une caisse de solidarité productive à l’instar de celle du BTP est une nécessité.(intemperies)

« On ne leurs avait pas dit que c’était impossible alors…ils l’ont fait !
UNIS ET SOLIDAIRES POUR UNE SOCIETE PLUS HUMAINE

Syndicat CGT Randstad France 88 Blv de la villette 75019 Paris- www. cgtranstad.com

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Jeudi 15 mars 2012 4 15 /03 /Mars /2012 20:47

Notes préparatoires à la discussion du Comité international (CI)
QUATRIÈME INTERNATIONALE
Notes préparatoires à la discussion du Comité international (CI)

François Sabado

La cohésion programmatique que nous avions au siècle dernier, ou peut être que nous croyions avoir, et qui était la force des trotskystes, chaque courant à sa manière, ne peut répondre aux défis du 21e siècle. Nous sommes confrontés à une certaine perte de substance, programmatique, politique, stratégique. Toutes sortes d’éléments fondamentaux pour construire une formation politique que l’accélération de l’histoire met à mal aujourd’hui pour les révolutionnaires.

« Le résultat d’une crise longue et générale, c’est souvent de clarifier la carte du monde. » Fernand Braudel

1. ► La crise a déjà plus de quatre ans et elle va durer. Elle est générale, globale. Elle est économique, financière sociale, écologique, mais sa spécificité, c’est sa conjonction avec un basculement du monde.

2. ► Le premier point, c’est de prendre la mesure de ce basculement. Ce n’est pas un changement ou un déplacement conjoncturel avec un retour à la normale, après la crise… Pour mesurer l’ampleur du changement, on peut prendre comme référence les basculements où les centres de gravité de l’économie mondiale changent, comme en 1760-1780 entre les Pays-Bas et l’Angleterre ou, après l’entre-deux-guerres, entre l’Angleterre et les États-Unis. Sauf que là, c’est un changement non seulement continental mais un changement de monde au sens économique, social, politique culturel… C’est un changement où l’Occident — Europe et États-Unis —, qui a dominé le monde depuis la découverte de l’Amérique, perd son hégémonie au profit de nouvelles puissances émergentes ou de vieilles puissances qui retrouvent leur force quatre ou cinq siècles après.

3. ► Dans ces nouveaux rapports mondiaux, l’Europe décline, les Etats-Unis perdent leur hégémonie économique mais pas encore politico-militaire. Beaucoup dépend des développements de la crise aux Etats-Unis. Mais la part des pays du G7 dans le PIB mondial, qui était de 56 % au début des années 1980, n’est plus que d'environ 40 % en 2010. Les prévisions indiquent que les courbes entre les ex G7 et les BRIC (1) vont même se croiser dans la décennies et ceci également en termes de revenu moyen par habitant. Cela peut se faire dans les 2030-2040. Les indications de croissance de ces 10 ou 15 dernières années — autour de 8 à 12 % pour la Chine et l’Inde contre 1 à 2 % pour l’Europe ou 2 à 3 % pour les USA — ou en termes de réserves mondiales indiquent aussi des changements profonds.

4. ► Ces rapports risquent d’être confirmés par l’approfondissement de la crise aux Etats-Unis et en Europe. Aux Etats-Unis, l’endettement ne peut plus compenser la baisse des salaires. Sous consommation et surproduction se nourrissent, l’une et l’autre. Les tendances à la surproduction dans une série de secteurs se confirment, et pas seulement dans l’immobilier, mais dans l’ensemble du secteur manufacturier. Le chômage se maintient ou augmente. Les plans d’investissements d’Obama n’ont pas relancé la machine. Contrairement à des déclarations, ici ou là, il n’ y a pas eu de tournant keynésien. Il n’y a pas eu de tournant keynésien parce qu’il n’ y a pas eu de rapport de forces avec un mouvement ouvrier suffisamment fort pour imposer des compromis sociaux aux capitalistes. Mais surtout, parce qu’il ne faut pas oublier que ce qui a relancé les USA et l’Europe après la crise des années 1929- 1935, c’est la guerre et pas les recettes keynésiennes. Du coup, malgré tous les discours sur la moralisation du capitalisme, c’est la financiarisation qui continue à dominer, comme réponse capitaliste à la baisse du taux de profit industriel. Résultat, le processus de désindustrialisation se poursuit. L’économie USA tient, aujourd’hui, grâce à la force du dollar, au rôle de la banque fédérale qui continue à injecter des liquidités et au fait que la monnaie américaine reste la référence pour l’achat des bons du trésors et obligations par les fonds souverains chinois, japonais et des pays du Golfe. Enfin, les USA gardent l’hégémonie politico-militaire mais avec un recul par rapport au début des années 2000 — échec en Irak, en Afghanistan, moindre capacité d’intervention face aux révolutions arabes. Leur objectif, c’est maintenant de se préparer à renforcer leur présence comme puissance pacifique !

5. ► Mais c’est en Europe que la crise peut prendre des formes de crise d’effondrement. Le fond ce sont des positions de faiblesses dans la compétition mondiale. L’Allemagne reste un des principaux pays exportateur — en 2010 : 47 % du PIB, Japon 15 % du PIB, Chine 30 % du PIB (2) — mais elle est aussi touchée par la contraction du marché mondial. Aussi, pour répondre à la concurrence mondiale, les classes dominantes européennes veulent liquider ce qui reste du « modèle social européen ». Il y a encore trop de social, il faut le démanteler. C’est l’explication de l’offensive spéculative sur les marchés européens. Les « marchés » — mais ce sont des réalités matérielles, les banquiers, les dirigeants de fonds de pension, les dirigeants des multinationales — exigent l’augmentation du taux de plus-value, par la baisse des salaires, la liquidation de la sécurité sociale et l’augmentation du temps de travail. D’où la brutalité des politiques d’austérité — s’adapter au marché mondial de la force de travail tiré par les rapports sociaux des puissances émergentes — ce qui implique la baisse du pouvoir d’achat de 10 à 15 points dans les années qui viennent.

Mais en plus, et c’est ce qui donne un caractère aigu, explosif à la crise et qui peut déboucher sur l’effondrement, c’est le type de construction politique qu’a connu l’Europe, avec les divergences économiques ou trajectoires divergentes entre divers pôles de l’Union européenne (UE) : Allemagne et le cercle Allemagne – Pays-Bas – Autriche – nord Europe et la périphérie du sud de l’Europe — les PIGS avec l’Irlande — avec la France au centre. Les rapports franco-allemands expriment la réalité économique, politique et institutionnelle de l’Europe mais sans État, sans direction, sans plan de développement ni de résistance à la crise. La situation actuelle montre une fois de plus l’incapacité historique des bourgeoisies européennes à unifier l’Europe. La dislocation est possible mais on réfléchit déjà à la vielle idée de Balladur, une Europe à cercles concentriques : l’Allemagne et les pays les plus riches, le sud et certains pays d’Europe de l’est ou du sud-est. Le problème c’est la France et l’Italie, car si l’Italie lâche, c’est l’Europe qui lâche. Ils veulent les arrimer à l’Allemagne, ce qui exige des plans d’austérité d’une grande brutalité… Cette situation annonce un enfoncement dans la crise, avec une croissance autour de 1 point. Cela va durer mais avec des risques d'explosions sociales, de situations prérévolutionnaires comme en Grèce. D’autant que, sur le plan politique, le caractère anti-démocratique de l’UE se double avec le développement de tendances autoritaires organiquement liées à l’intervention des marchés financiers. Les chefs de gouvernement imposés par l’UE en Italie et en Grèce en sont une indication. Le renforcement des droites et de l’extrême droite exprime cette marche vers des solutions autoritaires. On ne peut plus exclure des alliances des partis de la droite parlementaire ou des secteurs de celle-ci avec l’extrême droite. Plus que jamais le marché, ce n’est pas la démocratie, au contraire.

Là, j’aborde déjà un problème d’orientation sur la politique vis-à-vis de l’UE. Dans ce contexte, il faut combiner une politique de rupture avec l’UE, de désobéissance aux traités et pas de réforme de l’UE. Le problème, c’est de savoir ce qu’on oppose à cette crise de l’Europe : la démondialisation, le protectionnisme national ou européen, la sortie de l’euro ou bien la rupture et un processus constituant avec une nouvelle politique internationaliste sociale, démocratique au service des travailleurs. C’est-à-dire reprendre la perspective des États-Unis socialistes d’Europe.

Mais ce positionnement général ne règle pas le problème. Exemple en Grèce : l’explosion de la Grèce et la sauvagerie des attaques de l’UE conduisent à analyser ce pays de la périphérie comme une nouvelle colonie et du coup, l’absence de solidarité européenne avec les Grecs, plus les traditions historiques nationalistes de la gauche grecque, débouchent aujourd’hui sur le fait que la gauche grecque — gauche de Syrisa et Antarsya — demande la sortie de l’euro intégrée dans un programme anticapitaliste.

6. ► Dans cette économie mondiale intégrée, est ce que la Chine peut sauver l’économie mondiale ? Il y a-t-il découplage entre le développement chinois et l’économie mondiale ?

Les prévisions de développement du PIB croiseront, entre 2020 et 2030, celui des USA. C’est considérable. Déjà, deuxième économie mondiale avant le Japon, elle est devenue, en 2010, la première puissance manufacturière du monde avant les USA (production de 19,8 % de la production de la planète pour la Chine et 19,4% pour les USA - (source)).

Pour le PIB par habitant, il faut différencier les différentes zones de la Chine. Les régions côtières qui sont déjà à un niveau du PIB par habitant (pour comparer, le PIB du Brésil est de 10 000 dollars par habitant) entre 5 000 et 10 000 dollars par habitant, Pékin et Shangaï sont à 10 000 dollars par habitant, le centre est à moins de 5000 dollars par habitant. Le PIB total de la Chine se monte à 6000 milliards de dollars. Mais la Chine est une puissance impérialiste en formation, sur le plan militaire, sur le plan de l’exportation des capitaux, sur l’échange inégal avec les pays d’Afrique ou d’Amérique latine, en particulier l’achat de millions d’hectares de terres agricoles. Mais cette force de la Chine n’est pas suffisante pour relancer l’économie mondiale ou américaine par une production de masse et consommation de masse autour de tel ou tel secteur de productions. L’économie chinoise reste très déséquilibrée entre un taux de consommation / PIB très bas (35 % du PIB) alors que les USA , c’est 70 % , l’Inde 60 %, la moyenne mondiale 60% et un taux d’investissement de 45 % (les USA ne sont qu’ à 15 % la moyenne mondiale est de 22%).

Du coup, la Chine reste très dépendante du marché mondial et de l’exportation, sa priorité c’est de constituer son marché intérieur, avec la nécessité d’augmentation des salaires, et un minimum de sécurité sociale. D’où un processus de luttes pour les salaires, pour la défense de meilleures conditions d’habitat qui commence en Chine

A la question du découplage, il faut là aussi prudent, vu l’interdépendance des économies nationales dans la globalisation, mais là aussi, jusqu’à ce jour la crise à l’ouest, peut ralentir ou baisser de 1 à 3 point les taux de croissance mais ne remet pas en cause la tendance lourde du développement.

Deux remarques conclusives :

► L’économie chinoise ne peut encore remplacer l’Europe et les USA. Elle reste trop déséquilibrée

► Mais , en tendance lourde, la croissance est encore autour de taux de 10 points ce qui accroit l’écart de développment avec les autres continents.

7. ► Dans cette crise, la carte du monde se redessine, la compétition fait rage. On ne peut pas expliquer la crise européenne sans ce basculement du monde. Ils veulent aligner le marché du travail européen sur le marché mondial. De nouveaux rapports mondiaux émergent. Nous avons parlé des rapports entre la Chine et les États-Unis, mais l’Amérique latine est marquée aujourd’hui par la puissance brésilienne, et secondairement argentine. Le retour sur la notion de sous-impérialisme traduit cette montée en force du Brésil. Ce pays est aujourd’hui le pivot de l’économie latino-américaine avec ses grandes multinationales, Petrobras, Gerdau, avec ses grands projets hydro-électriques, avec ses puissances financières. Dans les rapports imbriqués mais conflictuels entre les États-Unis et le Brésil, le Brésil a marqué une série de points. Dans les rapports entre les trois grandes voies ou types de régime : la droite réactionnaire avec la Colombie et le Mexique, la voie nationaliste anti-impérialiste (Vénézuela, Équateur, Bolivie) et l’autre Amérique de Lula et Kirchner, c’est cette dernière qui domine largement. On ne pouvait pas le dire il y a encore sept ou huit ans.

8. ► Dans ce contexte quelle est la situation du mouvement ouvrier, de la gauche ? A cette étape, plus de quatre années de crise, il n’y a pas eu de riposte à la hauteur des attaques capitalistes.

Alors la crise provoque, réactions, résistances, luttes, grèves, voire situations prérévolutionnaires comme en Grèce. Il y a de nouveaux mouvements comme les Indignés mais il y a un décalage entre l’explosivité de la situation et la traduction politique, organique de ces mouvements : pas de renforcement des syndicats, des partis réformistes, de la gauche radicale, de la gauche révolutionnaire ou de courants de gauche dans les organisations, ni même émergence de nouvelles organisations. Il y a de nouvelles formes d’organisation, mais elles sont pour le moment trop instables. De plus, depuis le début des crises capitalistes, il n’y a jamais eu, en même temps, une crise aussi profonde du système capitaliste et un mouvement ouvrier aussi faible face à ce type de crise, à l’exception des conjonctures où le mouvement ouvrier était physiquement liquidé par le fascisme ou les dictatures militaires.

Plusieurs facteurs pèsent sur la situation du mouvement ouvrier :

— Les contre-réformes libérales, depuis la fin des années 1970, à l’échelle mondiale ont provoqué un processus de restructuration de la force de travail, son individualisation, sa précarisation, le recul des droits collectifs, l’affaiblissement des organisations syndicales. La désindustrialisation a liquidé des dizaines de concentrations ouvrières. Sans compter le secteur dit « informel ». Les ouvriers et les employés forment plus de 60 % de la population active mais ce n’est pas la même structure sociale. En Chine ou dans d’autres pays d’Asie, l’industrialisation conduit à une expansion sans précédent du prolétariat mais nous ne sommes qu’au début d’une organisation de mouvements indépendant du salariat, et là aussi, à cette étape, il n’y a pas de synchronisation des syndicats, associations ou partis en Europe, aux États-Unis et en Asie. Là, il y a reculs à l’Ouest et seulement débuts fragiles à l’Est.

► Le bilan du siècle passé, notamment celui du stalinisme ou pour des millions de gens, il y a eu identification du stalinisme avec le communisme. Le XXe siècle s’est terminé sur la globalisation capitaliste néolibérale. Cela pèse sur les problèmes de formation d’une conscience socialiste révolutionnaire.

► L’évolution des organisations social-démocrates, qui connaissent une mutation social-libérale. Elles gardent des liens historiques avec la social-démocratie. Elles sont des forces d’alternance donc elles doivent se distinguer des partis de droite, en fonction là aussi des spécificités nationales, mais elles sont totalement intégrées à la gestion de la crise. Il n’y a pas de différences entre un Hollande, un Papandreou, un Zapatero, un Socrates et les dirigeants de la droite européenne. Les processus de primaires et les ressemblances avec le parti démocrate nord-américain vont dans le même sens. Des partis de moins en moins ouvriers et de plus en plus bourgeois.

► Quant aux partis post staliniens, ils sont réduits à suivre les partis sociaux-démocrates ou à résister en essayant d’avoir une politique, dite « antilibérale »… mais de gestion de l’économie et des institutions capitalistes. Mais comme le PS va tellement à droite, il laisse un espace pour ces formations qui peuvent jouer un rôle tant qu’elles ne sont pas obligées d’aller directement au gouvernement : voir résultats de la Gauche unie en Espagne, demain les résultats du KKE et de Syriza ou du PCP ou du Front de gauche en France.

— Cette combinaison d’affaiblissement du mouvement ouvrier face à plus de trois décennies d’attaques néolibérales et à la politiques des directions de la gauche donne les marges de manœuvre à la bourgeoisie mondiale pour « gérer la crise » en augmentant les positions des marchés financiers et en approfondissant les attaques contre les classes populaires, voire même dans les BRICS, en améliorant la situation matérielle de millions de gens. On ne peut pas comprendre, par exemple, le développement de la puissance brésilienne sans la mutation qualitative du PT en parti social-libéral avec Lula. Et, réciproquement, le fait que le PT tienne les rênes du pouvoir brésilien ne s’explique pas sans l’émergence de la puissance brésilienne. Il y a toujours, pour le capital, une issue pour sortir de la crise s’il n’y a pas de solutions ouvrières. Le problème c’est que le coût social, écologique, humain est de plus en plus terrible.

9. ► C’est aussi dans ce cadre, que je voudrais revenir sur les processus révolutionnaires dans le monde arabe. D’abord ce sont des révolutions, dans le sens où les « masses font irruption sur la scène sociale et politique », des révolutions démocratiques et sociales. Le processus est devenu une lame de fond à partir du moment où ces mouvements ont obtenu des premières victoires qui semblaient totalement impossibles quelques semaines auparavant : en l'occurrence, la chute de Ben Ali et de Moubarak. La poussée des masses est là, et elle va continuer. Il y a des avancées et des reculs, mais il ya une interdépendance dans toute la région. Une telle dynamique de "réactions en chaîne" compense en partie les faiblesses dans chaque pays. Mais là aussi, il y a un décalage entre le processus révolutionnaire et sa traduction politique « démocratique et sociale. Les faiblesses des forces progressistes, sans parler des courants lutte de classes, résultent des décennies de dictature, des défaites du nationalisme arabe et des gauches nationalistes ou socialisantes, des effets des réformes néolibérales, de l’accumulation de forces par les mouvements islamistes. Mouvements islamistes qui apparaissent comme l’opposition aux anciens régimes. Tout cela débouche, à cette étape, sur les victoires électorales des islamistes, avec la bienveillance ou le soutien des puissances impérialistes et l’intervention active des pays du Golfe, comme le Qatar. Mouvements islamistes qui connaissent aussi des processus de différenciation entre les tenants du modèle de l’AKP turc et les salafistes, il y a toute une gamme de courants réactionnaires. Mais la poussée démocratique et sociale est là. Elle va continuer à travailler dans le monde arabe. Elle stimule, dans un pays comme l’Egypte, un développement des luttes ouvrières et donne naissance à de nouvelles organisations syndicales indépendante ou à un regain de force à la gauche. Elle permettra de faire l’expérience du caractère réactionnaire des partis religieux, mais à cette étape, tout cela pèse beaucoup moins dans la balance du rapport de forces que les mouvements islamistes.

10. ► Mais ces « décalages » ou « désynchronisations » entre la résistance sociale et la faiblesse de forces de gauche radicale, n’est elle pas une donnée de la nouvelle période que nous vivons ? Devons-nous poser les problèmes en termes de basculement du monde dans une nouvelle période historique après plusieurs siècles de domination de l’Europe et des États-Unis ? S’il y a des changements structurels du capital à l’échelle mondiale, une nouvelle place des États nations dans la mondialisation, une crise structurelle de la démocratie parlementaire, une tendance à l’intégration des syndicats (Trotsky évoquait déjà cette tendance en 1940), une marche vers des régimes autoritaires ? Tout cela ne peut-il avoir des conséquences sur la réalité du mouvement ouvrier, la place des partis ? N’y a t-il pas une fin de cycle historique pour le mouvement ouvrier européen tel qu’il s’est configuré à la fin du XIXe siècle et tout au long du XXe siècle ? La globalisation et la crise de l'État nation ne sapent-elles pas la base des partis et syndicats tels qu’ils se sont formés au cours de ces décennies ?

Nous sommes toujours et plus que jamais au temps du capital qui nourrit la luttes de classes, ses résistances, ses organisations, mais le plus probable, c’est que vont émerger de nouvelles organisations qui auront bien entendu des liens avec le passé mais seront fondamentalement nouvelles et surtout formées de nouvelles générations.

Et il y a aussi une responsabilité historique des révolutionnaires et, plus particulièrement, des trotskystes. Nous avons préservé une ligne de résistance, de front unique contre la crise ou l’austérité, des références au programme révolutionnaire. Mais nous sommes tiraillés entre le retour à la gauche révolutionnaire classique — l’extrême gauche des années 1960 ou le maintien de mouvements issus des années 1930 — et la pression d’organisations ou courants réformistes de gauche. Nous avions déjà discuté la nécessité historique de sortir d’une situation où nous nous considérions comme « l’opposition de gauche au stalinisme ». Le stalinisme s’est effondré, mais attention, il y a encore des partis post staliniens même s’ils sont considérablement affaiblis. Mais nous n’arrivons pas à sortir de conceptions marquées par cette situation d’opposition de gauche. Nous avons du mal à prendre toute la dimension d’une réorganisation d’ensemble du mouvement ouvrier et social. Nous avons des difficultés à redéfinir un projet indépendant et qui en même temps nous permette de faire de la politique. Nous avons du mal à formuler un projet indépendant sur le long terme. Cela renvoie aussi à repenser un programme pour le XXIe siècle. La IVe Internationale a commencé à réfléchir sur la nécessité d’un nouveau programme écosocialiste. Nous en sommes au début et on voit les répercussions d’une telle démarche sur la sortie du nucléaire, par exemple. Quelles implications pour reformuler un programme de transition ? Reprendre la discussion sur la question de la démocratie, les rapports entre démocratie directe et démocratie représentative, entre la démocratie des usines et celle des communes et sur les axes stratégiques d’une conquête du pouvoir par les travailleurs, bref les grandes lignes d’un projet d’émancipation, avec au centre l’auto-activité des travailleurs ? La cohésion programmatique que nous avions au siècle dernier, ou peut-être que nous croyions avoir, et qui était la force des trotskystes, chaque courant à sa manière, ne peut répondre aux défis du XXIe siècle. Nous sommes confrontés à une certaine perte de substance, programmatique, politique, stratégique. Toutes sortes d’éléments fondamentaux pour construire une formation politique que l’accélération de l’histoire met à mal aujourd’hui pour les révolutionnaires.

Plus de questions que de réponses.■

Notes

1. Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud.

2. http://data.worldbank.org/indicator/NE.EXP.GNFS.ZS

3. http://lexpansion.lexpress.fr/economie/la-chine-devient-la-premiere-puissance-manufacturiere-du-monde_250549.html

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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 18:41

L’Impasse islamique, un livre à contre-Coran


Philosophe algérien, Hamid Zanaz est un athée viscéral. Il vient de publier un pamphlet explosif aux éditions Libertaires. L’ouvrage qui a obtenu le Grand Prix Ni Dieu Ni Maître 2009 au dernier Salon du livre anarchiste va faire couler pas mal d’encre.

Né en Algérie, Hamid Zanaz se déclare citoyen du monde. Il a enseigné la philosophie à la faculté d’Alger, puis a travaillé dans la presse indépendante. Il vit en France depuis 1993. On lui doit, en arabe, des ouvrages tels Réponse franche aux obscurantistes, une introduction à la philosophie de Cioran, des études sur la censure dans le monde arabe, sur le tabou de la virginité... notamment édités par la Ligue des rationalistes arabes.

 Avec L’Impasse islamique, le philosophe ne caresse pas les barbus dans le sens du poil. Le sous-titre, La religion contre la vie, plante bien le décor. Attention, terrain glissant diront les mous du genou… « Le politiquement correct de notre temps transforme en islamophobe quiconque a l’audace de tenir pour juste la pensée des philosophes des Lumières sur les sujets de la religion, de la laïcité, de la démocratie, de la raison et de la philosophie, prévient Michel Onfray dans la préface. D’où le mérite de la parole rare de Hamid Zanaz. Car l’auteur nomme un chat un chat et dit clairement ce que toute intelligence bien faite devrait affirmer haut et clair : l’islam est intrinsèquement incompatible avec les valeurs de l’Occident qui sont l’égalité entre les hommes et les femmes, l’égalité entre les croyants et les non-croyants, l’égalité entre les modes de vie sexuels, l’égalité entre les peuples, ce que valide la Déclaration des droits de l’homme à laquelle un musulman ne peut souscrire, non pas conjoncturellement, mais structurellement parce que sa religion ignore la séparation du spirituel et du temporel, qu’elle pose dans le texte même du Coran une inégalité fondamentale entre l’homme et la femme, entre le croyant et le non-croyant, entre le musulman et le non-musulman, entre le fidèle et l’apostat, entre le disciple d’Allah et celui d’un autre Dieu. »

 « Les trois monothéismes font le malheur de l’humanité », assurait Kateb Yacine. Hamid Zanaz éprouve le besoin de disséquer tout particulièrement l’islam. Et il le fait bien parce qu’il le connaît bien. En étudiant mot à mot le Coran, en énumérant des faits survenus en Égypte, en Algérie, au Koweit, en Iran, en Arabie Saoudite, au Nigeria, en Turquie, en Irak, en Indonésie, en Allemagne, en France…, l’auteur part en guerre contre l’irrationnel. Il dénonce les pays où les mosquées sont bien plus nombreuses et plus luxueuses que les écoles, où les livres religieux éclipsent toute littérature même quand le prix Nobel s’appelle Naguib Mahfouz. Arthur Schopenhauer ne comparait-il pas les religions à des vers luisants ? « Pour briller, il leur faut de l’obscurité ! »

 « Je peux dire – une fois n’est pas coutume – que je suis tout à fait d’accord avec les intégristes. L’islam n’est pas compatible avec la vie moderne », explique avec malice Hamid Zanaz. Par là, le philosophe affiche ses doutes sur les capacités de l’islam à vivre parmi les autres, à s’accorder avec des principes démocratiques. « La mosquée, l’école, la radio, la télévision, les diverses publications et aujourd’hui Internet ne cessent de répéter à des millions de gens qu’ils détiennent la meilleure des religions et qu’ils sont les élus de Dieu. À force de répéter que tout le reste de l’humanité est une erreur de la nature, ces populations finissent par intérioriser et se comporter conformément à ce kit du parfait musulman. L’islamisation de la planète devient un devoir pour chaque musulman et musulmane ! », soutient Hamid Zanaz.

 Le philosophe est effrayé par ce lavage des cerveaux. « L’autre, le non-musulman, est considéré comme quelque chose qui ne devrait pas exister », insiste Zanaz qui affirme que l’éducation islamique pousse à la haine. « Hais pour l’amour d’Allah ! » ordonnent des livres de collégiens en Arabie Saoudite. Si les autres religions, les athées, les agnostiques, les laïcs, les artistes, les intellectuels, les humanistes et autres « égarés » sont déclarés ennemis de l’islam, le sort des femmes est aussi, on le sait, épouvantable. L’essai grouille d’exemples irrespirables. « Une fille ne possède que son voile et sa tombe », dit un proverbe saoudien.

 L’Impasse islamique va faire rugir les islamomaniaques. On dira ici ou là que Hamid Zanaz donne des tonnes d’arguments aux racistes qui n’ont pas besoin de lui pour déverser leur fiel. En vérité, Hamid Zanaz ne fait que se tourner vers les Lumières (ce qui n’est pas le cas des fétides de souche). Une démarche que devraient méditer les « idiots utiles » qui pensent naïvement que l’islamisme serait potentiellement « révolutionnaire ». « Compter sur l’islamisme pour abattre le capitalisme, c’est vouloir guérir la peste par le choléra, ricane Zanaz. La théologie islamique est défavorable au développement de la raison, de la responsabilité individuelle, du libre exercice de l’esprit critique. L’islam n’est pas un système adapté à la vie d’aujourd’hui. On ne peut pas être musulman sans rentrer en collision avec le monde. L’islam ne s’accorde jamais au réel. Il travaille pour que le réel s’adapte à lui. »

 Après plusieurs livres qui passent à la moulinette les élucubrations chrétiennes, la collection Propos mécréants des éditions Libertaires s’enrichit d’un livre qui pulvérise l’obscurantisme islamique. On attend avec impatience un ouvrage qui pourfendra la religion juive. Ici et partout, une seule issue : sortir du religieux. Ni dieu ni maître un point c’est tout, nom de dieu !

 Hamid Zanaz, L’Impasse islamique – La religion contre la vie, éditions Libertaires, 178 pages. 13 euros. Préface de Michel Onfray.


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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 13:32


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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 13:18

50 arguments pour le droit à la retraite à 60 ans sans décote ! (G. Filoche)

Pas content, Gérard Filoche. Il n'est pas le seul dans son parti. Sur son blog, hier, il proposait « 50 arguments pour le droit à la retraite à 60 ans sans décote ! »...à la lecture de François Hollande d'abord, sans nul doute. 50 arguments bien structurés.


15 DÉCEMBRE 2011 – 17:39

Ce n’est pas possible de ne pas respecter : le retour de l’âge de la retraite à 60 ans pour tous !

«  François Hollande a hélas, détaillé, sur RTL, ce qu’il envisageait à propos de la retraite à 60 ans en cas de victoire de la gauche en 2012. Elle ne concernerait que les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et disposant déjà de « tous leurs trimestres» pour une retraite à taux plein. Et pour les autres? «Ceux qui n’ont pas leur durée de cotisation ne le pourront pas », a précisé le candidat du PS remettant en cause ce qui était acquis dans le projet PS.

« Il ne l’avait certes pas promis pendant les débats de la primaire socialiste. Mais il n’avait pas non plus contredit Martine Aubry et Ségolène Royal qui prônaient un retour généralisé aux 60 ans » écrit le Figaro qui se réjouit évidemment : « François Hollande entérine en creux le recul de l’âge légal à 62 ans. Il se contente de proposer une exception supplémentaire. Il élargit, ni plus ni moins, le dispositif « carrières longues ».

Instaurée par la réforme Raffarin Fillon de 2003 pour les salariés entrés dans la vie active au plus tard à 16 ans, la mesure a été étendue par Éric Woerth aux personnes ayant commencé leur carrière à 17 ans. Là, c’est à 18 ans. Cela devrait ne concerner que 80.000 à 100.000 hommes et femmes par an (entre 1 nouveau retraité sur 6 et 1 sur 8 environ). « Mais avec un âge légal à 62 ans, ceux qui ont commencé à 18 ans doivent encore travailler 44 ans : notre proposition est une proposition de justice, pas d’idéologie » balbutie Marisol Touraine, chargée de ces questions dans l’équipe de campagne de Hollande. … Pourtant la majorité des jeunes, 7 sur 8, confrontés à 25 % de chômage ne trouvent un CDI qu’à 29 ans, ce qui signifie pour eux une retraite à 70 ans au moins.



« C’est juste impossible »


François Hollande a implicitement admis que la durée de cotisations avait encore vocation à augmenter, parlant sur RTL de «
41 années, voire 42 années de cotisation» (elle est actuellement fixée entre 40,75 ans, pour la génération 1951, et 41,5 ans pour la génération 1955 et les suivantes). Mais c’est impossible alors que les salariés font en moyenne, dans la vie réelle, 35 annuités. Ils sont licenciés, inaptes, malades, au chômage dans 2 cas sur 3 à partir de 55 ans : exiger d’eux 42 annuités, c’est 7 ans de décote ! C’est une véritable agression contre le niveau des retraites : c’est impossible pour la gauche de défendre cela contre 75 % de l’opinion et contre les 8 millions de manifestants de 2010.



50 arguments pour le droit à une vraie retraite à 60 ans pour tous:

Sinon, c’est le chômage qui va gagner

1. L’âge de la retraite recule ? le chômage avance.

2. Il n’y aura pas de recul du chômage de masse record (5 millions) sans réduction du temps de travail.

3. C’est un non-sens d’allonger les durées de cotisations (ou de faire faire des heures supplémentaires) quand on a 5 millions de chômeurs.

4. L’autre seul résultat c’est que ceux qui ne seront pas en retraite seront inscrits au chômage…

  1. 2 salariés sur 3 sont au chômage, licenciés, inaptes, malades, autour de 55 ans.

     

Les jeunes seront aussi pénalisés.


6. Il y a 25 % de chômeurs parmi les jeunes actifs, pourquoi pousser à ce que les « seniors » travaillent plus, s’il y a une priorité cela doit être pour les jeunes, priorité à la jeunesse !

7. 3 jeunes sur 4 ne trouvent un boulot en CDI qu’à partir de 29 ans. 41 annuités c’est la retraite à 70 ans assurée.

8. Ceux qui commencent à travailler « tôt » vers 16, 17, 18 ans sont 1 ou 2 jeunes sur 8.

9. Et même ceux qui commencent à travailler tôt ont des périodes de chômage qui ne sont pas prises en compte à 100 % dans les annuités.

Un salarié qui a travaillé toute l’année peut avoir moins de 4 trimestres validés si sa rémunération est faible. Ce n’est pas la durée de travail dans l’année qui détermine le nombre de trimestres validés mais le montant des salaires soumis à cotisations retraite. Beaucoup ne parviendront pas à avoir suffisamment de trimestres validés à l’âge de 60 ans, ni probablement d’ailleurs à 62. Puisqu’il faut percevoir un salaire de 1772 € brut pour valider un trimestre. Ce qui veut dire qu’un temps partiel au SMIC travaillant 4 trimestres à l’année n’en valide que 3 !Ainsi, les gens n’ayant pas fait d’études auront le « droit » à la double peine

* Contrats précaires et petits salaires dans leur vie active

* Retraites amputées à 67 ans

Pensons aux caissières d’hypermarchés. Mais qui les avertit et qui se soucie d’elles ? Le calcul de la retraite imposé par Balladur sur les « 25 meilleures années » est ségrégationniste contre les jeunes et pauvres.



C’est la santé des salariés qui est danger


10. L’espérance de vie « en bonne santé » selon l’INSEE est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes (59 ans pour les ouvriers, 69 ans pour les cadres). Toujours selon l’INSEE, en France, l’espérance de vie en bonne santé pour les hommes a baissé de 2007 à 2008, de 63 à 62,4 ans.

11. Entre 55 et 60 ans, 2 maladies sur 3 sont liées au travail, entre 60 et 65 ans, 3 maladies sur 4 sont liées au travail.

12. La biologie du corps humain n’a pas changé entre 55 et 65 ans. TOUS les métiers sont pénibles. Physiquement et mentalement. Vous voyez un vieil instituteur de 62 ans devant ses élèves ? Un chauffeur-livreur à 59 ans ? Une femme de service de nettoyage à 61 ans ? Un cadre stressé de 60 ans en compétition avec des « jeunes » cadres ? Et un ouvrier du bâtiment de 55 ans devant son marteau piqueur ?

13. La principale maladie professionnelle ce sont les TMS, (troubles musculo-squelettiques) elles augmentent de 18 % par an depuis l’an 2000.

14. Dix millions de salariés sur 24 ont des métiers pénibles physiquement (horaires atypiques = 5 millions, dont 2,3 de nuit ; port de charges divers = 5 millions) et les autres subissent une pénibilité mentale de plus en plus forte (burn out, suicides, harcèlement, stress, troubles psychosociaux, précarité, surexploitation, un milliard d’heures supplémentaires impayées..).

  1. Mais ce ne sont plus les « coups de grisou » qui tuent comme il y a un siècle : ce sont les accidents cardiaques et vasculaires. 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires : entre 1/3 et 50 % sont liés au travail.

     

alors que la fiabilité des prévisions démographiques est contredite par la réalité


16. Les prédictions de ceux qui disaient qu’on ne peut payer les retraites pour des raisons démographiques sont toutes tombées à l’eau : ils prévoyaient 350 000 naissances par an à partir de 2000, on a eu 850 000 enfants par an depuis l’an 2000.

17 : Il y a un « pic » de retraités entre aujourd’hui et 2036. Ensuite ça retombera jusqu’en 2060 où cela remontera. Il suffit d’ajuster le taux des cotisations en fonction des variations année par année.

18 : L’ajustement des cotisations sociales retraites peut se faire en temps réel, d’un an sur l’autre, selon les variations démographiques, directement de ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite. Pas besoin de « placer » de l’argent en courant tous les risques dans des fonds de pension aléatoires que les spéculateurs dilapideront dans les îles Caïman.



La durée de cotisation réelle moyenne devrait être la référence

19. Pourquoi avoir réduit la durée du travail sur la semaine si c’est pour l’allonger sur la vie ?

20. Celui qui prétend allonger la durée de cotisations est impuissant à agir sur le réel : actuellement elle recule depuis 10 ans en pratique vers 36 et vers 35 annuités. Aucune des promesses patronales d’aller à l’inverse pour les « seniors »  n’est entrée en pratique.

21. Prétendre imposer – sur le papier – 41 ou 42 annuités, le SEUL résultat, puisque la moyenne des salariés ne peut cotiser que 36 ou 35 annuités, c’est 6 ou 7 ans de décote. Comment admettre d’allonger des annuités qui ne seront jamais effectuées et donc baisser les plus petites retraites ?

22. Reculer l’âge de départ en retraite à pour seul effet pratique de baisser le niveau des retraites réintroduisant la misère chez les vieux.

23. Il faut prendre comme référence le nombre d’années réellement cotisées dans la vie réelle et non pas l’allongement aléatoire de l’espérance de vie.

24. Par exemple, si la moyenne réelle des annuités cotisées dans la vie réelle des salariés est de 35 annuités, la référence retenue pour une retraite à taux plein doit être de 35, si elle est de 36 cela doit être 36, si elle monte à 37, cela doit être 37…

25. Mais mettre un objectif inatteignable à 41 ou 42 annuités, c’est faire sauter les gens à la perche sans perche, le seul résultat actuel est qu’ils ont une retraite plus basse et non pas qu’ils travaillent plus.

26. Depuis 8 ans AUCUNE raison « nouvelle » de repousser l’âge réel de la retraite. Aucun effet d’entraînement dans l’emploi des seniors. Les salariés cotisent MOINS longtemps en moyenne ! 36 annuités seulement ! Pour sortir de la crise, il ne faut pas baisser salaires et retraites mais les augmenter !

27. Raison de plus pour ne pas prendre l’espérance de vie comme référence, c’est trop aléatoire : l’espérance de vie régresse aux Etats-Unis depuis plusieurs années, elle régresse aussi depuis trois ans en Allemagne. Travailler plus longtemps vous mourrez plus tôt.

Des conditions bien plus dures que dans le reste de l’Europe

28. En Allemagne, en Italie, en Espagne, c’est 35 annuités pourquoi 41 ou 42 ici ? Sarkozy a fait la pire réforme contre le droit à la retraite de toute l’Europe.

29. En Allemagne, la droite veut fixer les départs à 67 ans, mais en 2029… c’est remis en cause par les syndicats qui l’avaient, hélas, signé parce qu’actuellement, la moyenne des départs est autour de 58 ans…

30. En Grande-Bretagne, ils annoncent 68 ans… en 2048 ! Ici, en France, Sarkozy a imposé 67 ans pour le taux plein en 2018, c’est-à-dire demain ! Il faut abroger la loi Sarkozy-Woerth.

  1. En Allemagne, ce n’est pas du tout pareil qu’en France, parce que nous, on vit un « boom » démographique depuis l’an 2000, 2,04 enfants par femme, en Allemagne c’est 1,4 enfant par femme.

     

Un projet politique pour tous



32. 60 ans c’est un DROIT ce n’est pas une obligation ! Mais encore faut-il que ce DROIT soit pour tous ! « d’ordre public social ».60 ans c’est une référence pour tous, un objectif réaliste, contrôlable, clair TOUS ENSEMBLE.

  1. 100 000 hommes et 50 000 femmes meurent entre 60 et 62 ans, Avec 41 ou 42 annuités, ils mourront sans un seul jour, une seule semaine, un seul mois de retraite après avoir cotisé toute leur vie.


    34. La « retraite à la carte » c’est le slogan du Medef : pour complexifier le système et le rendre illisible, pour qu’il n’y ait plus d’ordre public social, que les salariés ne soient plus solidaires. C’est comme la durée du travail « a la carte », le SMIC à la carte… La règle ne sera plus fixée en raison des besoins humains mais en raison des exigences de la productivité.

35. 60 ans c’est déjà trop. On doit exiger la retraite à 55 ans dans le bâtiment et dans tous les métiers très pénibles.

36. Il ne faut vivre pas moins bien que nos parents : retraites à 60 ans, 35 annuités, à 75 % du salaire calculé sur 10 meilleures années, indexées sur les salaires (ce que proposait encore Lionel Jospin en juin 1997)

  1. Sinon on subit la double facture : travailler plus longtemps après 60 ans et gagner moins, une majorité de gauche ne peut aller dans ce sens = austérité = récession = crise aggravée = chômage.

     

Respecter la démocratie à tous les niveaux


38. Démocratie ! Le seul vote de congrès – unanime – du PS qui a eu lieu c’était à Dijon 2003 pour le droit a la retraite à 60 ans à taux plein. Respectons-le.

39. C’est François Hollande qui avait fait voter le congrès du PS unanime de mai 2003 pour la retraite à 60 ans à taux plein !

40. Démocratie, débat dans le PS et dans toute la gauche, tous les syndicats : branle-bas de combat pour la défense des retraites à 60 ans pour tous. 60 ans c’est majoritaire et dans la gauche politique et dans les syndicats : pour qui on dirige ? Pour le peuple ou pour le AAA ?

41. De toute façon, il y a un risque de ne pas gagner si c’est se trouver en porte-à-faux avec 75 % de l’opinion et les 8 millions de manifestants de 2010 (rien ne s’oublie) qui veulent abroger la loi scélérate Sarkozy-Woerth de pillage de nos retraites : il va falloir s’en rendre compte.

42. Oui, il faut écouter les 8 millions de manifestants et 75 % de l’opinion, il faut que François défende la retraite à 60 ans.

  1. On votera François Hollande, mais nous luttons pour exiger qu’il respecte le rétablissement de l’âge légal de départ à 60 ans.

     

Des richesses, il y en a !


44. La « dette » a bon dos pour justifier qu’on ne peut payer les retraites ni hausser les salaires. Elle est la conséquence de choix réalisés par Sarkozy qui veut nous la faire payer. En France, on n’a pas un problème de dette mais de recettes.

45. Ne pas céder au chantage des officines de droite qui s’auto-intitulent « agences de notation ». Ils ne proposent jamais d faire payer les riches mais de baisser les salaires et retraites des plus modestes

46. Ne pas céder au chantage des fonds de pension qui veulent siphonner les retraites. Ne jamais les croire, ne jamais leur confier un seul sou de nos retraites : ils vous prendront tout et ils vous voleront tout, le dilapideront dans les caves à « subprimes » et autres paradis fiscaux des Bahamas.

47. La France a 87 % de dette/PIB à cause de Sarkozy qui a vidé la « cagnotte publique » de Lionel Jospin, et remplit les « cagnottes privées » en faisant 24 points de dettes en plus en cinq ans (de 63 à 87/PIB). Mais la France avait 290 % de dette/PIB en 1945 et pourtant elle a mis en place la Sécu et les retraites à ce moment-là.
48. La France est 2,5 fois plus riche qu’en 1982 quand la retraite à 60 ans a enfin été mise en place.

49. Salaires et cotisations sociales sont trop bas depuis + de 20 ans, la France n’a jamais été aussi riche, elle peut payer les retraites à 60 ans.

  1. Le COR l’a expliqué et démontré : avec 0,35 % seulement d’augmentation des cotisations sociales par an d’ici 2036, les retraites à 60 ans (35 annuités, 75 %, 10 ans, > au Smic, indexées sur salaires) sont garanties et payées.

     

Conclusion :

Convainquons, battons-nous, nous sommes la majorité non seulement de la gauche, du salariat, mais du pays tout entier. Qu’on n’ait pas convaincu Sarkozy ce n’est pas une surprise, hélas, vu le personnage et sa politique 100 % réactionnaire, mais ce n’est pas tolérable, il n’a pas écouté le peuple. Lui, il est pour la retratie à 70 ans et 45 h sans gain de salaire. Mais François Hollande est candidat et socialiste, lui, il peut et doit entendre davantage.

Gérard Filoche (le 15 décembre 2011)



http://www.filoche.net/2011/12/15/50-arguments-pour-le-droit-a-la-retraite-a-60-ans-sans-decote/

PS :La gauche socialiste toute entière combat pour le respect du droit à la retraite à 60 ans :


- En mai 2003 nous avions fait voter la retraite à 60 ans à taux plein,


- En juillet 2006 nous avions fait écarter « la retraite à la carte »,
- en janvier 2010 fait ré affirmer la retraite à 60 ans.
Depuis nous avons empêché que soient votées les 41,5 annuités, elles ne le sont toujours pas officiellement, certains dirigeants pratiquent par coups de force tellement il y a de résistances dans la base du parti ! Alors c’est « renvoyé à la négociation avec les syndicats » :

Donc s’il vous plaît faites tous et toutes le boulot, argumentez, argumentez, argumentez comme en 2010, dans TOUS les syndicats aussi pour que la position finale soit correcte !


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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 09:10
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Le discours selon lequel les agences de notation nous contraindraient à l’austérité est mensonger.

L’idée est simple : nous devons « tous » accepter des efforts afin de préserver la notation de la dette française. Car la perte du fameux AAA engendrerait une hausse du taux d’intérêt sur les titres de la dette publique française, et donc une hausse du coût du financement des déficits. Certes, 1 % d’intérêt en plus ce sont 10 milliards d’euros de dépenses supplémentaires.

Or, la première arnaque c’est le triple A lui-même. L’agence France-Trésor émet aujourd’hui des titres à un taux d’intérêt bien supérieur à celui des autres États notés « AAA ». L’écart entre les taux français et allemands n’a jamais été aussi élevé depuis la création de l’euro. Pour une fois, les agences de notation ne pourront pas servir de boucs émissaires : lorsqu’elles abaisseront la note de la France, elles ne feront qu’entériner la situation sur les marchés. D’où provient la dégradation des conditions de financement de l’État français ? En partie de la forte exposition des banques françaises aux crises grecque et italienne. Les spéculateurs estiment qu’il existe un risque que l’État soit contraint de les renflouer, alourdissant ainsi son endettement. Mais la hausse du taux d’intérêt provient aussi des faibles perspectives de croissance : seulement 1 % l’an prochain selon le gouvernement, mais 0, 3 % selon l’OCDE. Bref, le triple A est déjà une fiction.

La deuxième arnaque saute aux yeux lorsque l’on examine la répartition des efforts. En guise de « partage » on trouve en fait une très forte concentration des mesures de rigueur sur les classes populaires. Le prétendu courage dont se gargarise tant Nicolas Sarkozy consiste à dépenser 37 000 euros aux frais des contribuables pour une nuit d’hôtel lors du G20 tout en exigeant des sacrifices de la part de la majorité de la population. Porter la TVA réduite de 5, 5 % à 7 % touchera davantage les plus pauvres car ils consomment une grande part de leurs revenus. La hausse de la taxation des mutuelles va rendre celles-ci encore plus inaccessibles alors même que 30 % de ceux qui n’ont pas d’assurance complémentaire renoncent à des soins ou les reportent à plus tard.

Autre exemple : pour la génération née entre 1952 et 1955, l’accélération de l’application de la réforme des retraites implique un recul de un à quatre mois de l’âge de départ. Déjà en juin 2010, François Fillon tentait de justifier cette réforme par la nécessité de conserver le triple A : « ce qui est en jeu c’est la crédibilité financière de la France, c’est la qualité de notre signature, donc le niveau auquel nous empruntons ». Visiblement la réforme n’a pas suffi.

Des plans d’austérité sans fin

C’est la troisième arnaque : cela ne suffira jamais ! Autrement dit, les promesses des dirigeants sont non seulement antisociales mais elles sont aussi mensongères. Accepter ce discours, c’est ne pas voir la logique d’ensemble, qui ressemble à une spirale. C’est ne pas voir l’effet dépressif des plans d’austérité et le caractère systémique de cette crise. Le 17 novembre, le Trésor espagnol a émis 3, 6 milliards de titres à dix ans avec un taux d’intérêt record de 7 %. Trois jours plus tard, les électeurs espagnols donnaient une majorité absolue à la droite. Le futur gouvernement de Mariano Rajoy a promis une super-austérité. Réaction des marchés : une détente des taux d’intérêt ? Non, une nouvelle hausse ! Le 22 novembre, l’émission de titres espagnols à trois mois s’est faite au taux de 5, 1 % (2, 3 % la fois précédente). Même l’Allemagne n’est plus à l’abri. Sa dernière émission, le 23 novembre, n’a trouvé preneur que pour la moitié des titres offerts. Cela n’était jamais arrivé. Comme partout, le taux d’intérêt proposé n’est donc plus jugé suffisant. Or la soutenabilité de la dette provient fondamentalement de la différence entre le taux de croissance du PIB et le taux d’intérêt. Actuellement, le premier diminue tandis que le second augmente...

En début d’année, il y avait d’un côté les États auxquels les marchés faisaient confiance et de l’autre les parias. Cette distinction est de plus en plus floue. Car c’est la crise : la confiance s’évanouit et le capitalisme menace d’emporter tous les peuples vers une grande régression.

Philippe Légé

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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 20:18

LES MILLIARDAIRES VOUS REMERCIENT
de :
ROBERT GIL
mardi 6 décembre 2011 - 17h45

Les 1.000 milliardaires recensés sur cette planète vous remercient pour votre formidable aptitude à les enrichir quotidiennement, en privilégiant leurs produits manufacturés, payés des clopinettes aux milliards d’esclaves des pays sous développés, et que vous achetez cent fois plus cher chez vos commerçants locaux.

Les 500 grandes multinationales qui contrôlent 52% du produit brut et détiennent davantage que les 133 pays les plus misérables, sont ravis que vous vous précipitiez dans leurs grandes surfaces tueuses de petits commerces. Leurs banques peuvent aussi racheter avec les intérêts de vos emprunts les faillites de vos centre-ville, afin d’y installer leurs robots distributeurs inhumains mais bien plus rentables, puisque n’étant pas soumis aux cotisations sociales.

Les 358 familles les plus riches qui possèdent la moitié de la fortune mondiale se régalent à l’idée que vous achetiez leurs produits et apprécient la pub que vous faites pour leurs noms désormais célèbres. Elles se réjouissent que vous acceptiez de payer très cher leurs marques afin de paraître plus riches que vous n’êtes. Et trouvent amusant que vous ayez la gentillesse de bien vouloir les porter en circulant en ville, afin que tout votre petit monde les voient, les envient, et ainsi les achètent à leur tour. Merci de favoriser leurs commerces et de suivre leurs modes très vite obsolètes, mais aussi rapidement renouvelées.

Les milliardaires du monde entier et leur cohorte des plus belles filles du monde qui font la une des magazines que vous achetez, remercient également vos armées de bien vouloir, aux frais de vos peuples et des contribuables, faire respecter l’ordre dans les couloirs que franchissent nos yachts en acajou pour pouvoir en paix rejoindre nos nombreux paradis fiscaux. Ceci nous encourage à continuer encore longtemps, puisque c’est à vous que nous devons de nous gaver quotidiennement de caviar, de champagne, de dormir dans des suites cinq étoiles et de rouler en somptueuses voitures de sport.

Continuez donc bien sagement à vous en prendre aux fonctionnaires feignants, aux cloportes gauchistes et aux grévistes preneurs d’otage et autres salauds comme Chavez. Pendant que l’on fait assassiner peinard les journalistes d’opposition au Honduras et les syndicalistes tout frais du jour en Colombie dans la plus exquise des confidentialités, rien ne se sait et tout se poursuit. Merci également de nous laisser exploiter les dernières ressources planétaires tout en détruisant la nature avec une certaine désinvolture. Et ensuite c’est vous qui payerez au bout de la chaine de distribution, le supplément que représente l’horrible problème posé par les déchets qui débordent dans vos poubelles et infesteront vos vies et celles de vos générations futures.

Merci encore, de soutenir les contre-réformes consistant à vous déposséder (au nom de la compétitivité) de vos derniers droits sociaux, et d’accepter une baisse constante de vos salaires.

Merci surtout de dépenser votre énergie à vous dévorer entre vous, à vous défouler consciencieusement sur du bouc émissaire à forte teneur appauvrie, car sans cela, je dois bien vous l’avouer, à 1000 contre 7 milliards, on aurait quand même un peu de mal à garder nos distances.

Article publié sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2011/11/22/le...


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