Dessin de FANCH AR RUZ
Ni Dieu, Ni César, Ni tribun !









"Répression policière à Strasbourg lors de la visite de N.
Sarkozy"Alors que Nicolas Sarkozy se déplaçait à Strasbourg dans le cadre d’une visite du Pôle Européen de Gestion et d’Économie, des militant-e-s associatifs (ATTAC), syndicaux (UNEF, CGT-CROUS) et politiques (NPA) se sont rassemblés devant l’établissement pour protester contre la politique du gouvernement.
Rapidement la police nationale s’en ait pris au groupe clairement identifié du NPA en repoussant violemment ses militant-e-s, arrachant les drapeaux et n’hésitant pas à donner des coups. L’un de nos camarades a été projeté au sol.
Le groupe a été encerclé et immobilisé pendant près de 3 heures empêchant tous déplacements.
Des personnes qui ont vu la machine répressive à l’œuvre ont affiché clairement leur soutien aux militant-e-s voire se sont joints au groupe.
Alors que la révolte gronde dans de nombreux pays d’Europe, d’Afrique ou des États-Unis contre la dette que les capitalistes veulent nous faire payer, Sarkozy et sa bande use de la force policière pour intimider celles et ceux qui luttent et décourager celles et ceux qui seraient enclins à lutter pour en finir avec ce système politique capitaliste, raciste et sexiste.




Mardi 15 novembre 2011 : retenez bien cette date, car des militants palestiniens ont décidé de désobéir ce jour là et de monter à bord des bus se dirigeant vers Jérusalem Est, actuellement réservés aux colons. S’inspirant du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, ils ont décidé de faire valoir leurs droits à la liberté et à l’égalité.
Quand : mardi, 15 novembre 2011
Rendez-vous : Palais de la Culture de Ramallah à
13 heures
Contacts avec les médias : 054-632-7736
Mardi prochain, des militants palestiniens tenteront de monter dans des véhicules de transport en commun, en route, de l’intérieur de la Cisjordanie, pour la Jérusalem-Est occupée, dans un acte de désobéissance civile, qui s’inspire des Voyageurs de la Liberté appartenant au Mouvement pour les Droits civiques aux États-Unis, des années 60.
Cinquante ans après que les Voyageurs de la Liberté américains organisèrent des voyages en autobus mixtes sur les routes du Sud-des Etats-Unis, sous le régime de la ségrégation, les Voyageurs de la Liberté palestiniens feront valoir leurs droits à la liberté et à la dignité en semant la confusion dans le régime militaire d’Occupation, au travers de la désobéissance civile pacifique.
Les Voyageurs de la Liberté cherchent à attirer l’attention sur les efforts d’Israël pour séparer Jérusalem occupée du reste de la Cisjordanie, et sur le système d’apartheid imposé aux Palestiniens dans l’ensembled es territoires occupés.
Plusieurs entreprises israéliennes, parmi lesquelles Egged et Veolia, gèrent les lignes qui traversent la Cisjordanie et Jérusalem-Est occupées, bon nombre d’entre elles étant subventionnées par l’Etat. Elles assurent le service entre les différentes colonies israéliennes, les reliant les unes aux autres, ainsi qu’aux villes à l’intérieur d’Israël. Certaines lignes reliant Jérusalem aux autres villes à l’intérieur d’Israël, telles qu’Eilat et Beit She’an, passent aussi par la Cisjordanie.
Les Israéliens ne subissent presque aucune restriction à leur liberté de circulation dans le territoire palestinien occupé, et ont même la permission de s’y installer, contrairement à la loi internationale. En revanche, les Palestiniens n’ont pas la permission d’entrer en Israël sans obtenir un laissez-passer spécial auprès des autorités israéliennes. Même la circulation à l’intérieur des Territoires Occupés est fortement restreinte, l’accès à Jérusalem occupée et à quelque 8% de la Cisjordanie en zone frontalière étant également interdit sans un laissez-passer de ce genre.
Tandis qu’il n’est pas officiellement interdit aux Palestiniens d’utiliser les transports en commun en Cisjordanie, ces lignes sont en réalité soumises à la ségrégation, car bon nombre d’entre elles traversent des colonies « Juifs seulement », dans lesquelles on défend aux Palestiniens de pénétrer, par décret militaire.
(Traduit par Chantal C. pour CAPJPO-EuroPalestine)
CAPJPO-EuroPalestine
La direction de FRALIB et le groupe UNILEVER, sont venus très tôt ce matin, accompagnés cette fois d’une trentaine de garde du corps, véritable milice patronale.
Les salariés ont respecté scrupuleusement les décisions de justice, y compris la dernière, celle qui malheureusement, légitime la présence des gardes du corps armés à l’intérieur de l’usine.
Cette dernière décision de justice, pour laquelle nous avons fait appel, que nous pouvons que regretter, nous l’avons dénoncée dès le 25 octobre.
Cette décision a donné la possibilité à la direction d’agir de la sorte, et de créer une situation de violence que les salariés ont subit ce matin.
Trois de nos camarades ont dû se rendre aux urgences, et 2 camarades (femmes) ont dû être transportés par les pompiers, victimes d’agression physique de la part de la milice mise en place par la direction.
Ce matin, nous avons atteint un sommet dans l’escalade de la violence et la provocation patronale, dont ils se sentent légitimés par cette décision de justice, afin de mettre en place leur milice à l’intérieur de l’usine. Après avoir donné les ordres, la direction a quitté les lieux.
Alors que la direction a motivé devant la justice la présence des gardes du corps armés uniquement pour sa protection physique, ce qui a été retenu par le juge pour justifier leur présence à l’intérieur du site.
Voilà qu’une fois la direction partie, pas moins de trente miliciens ont bloqué les accès de l’usine aux salariés et leurs représentants, les empêchant de rentrer.
La direction cherche par tous les moyens de créer les conditions pour faire sortir les salariés de l’usine, les coupant ainsi de leurs représentants, elle se présente entourée de gardes du corps provocateurs, huissier de justice, gendarmes, police municipale.
Les salariés de FRALIB avec leurs représentants ont repris leur place légitime dans l’entreprise. La milice a dû quitter les lieux mettant en échec cette nouvelle provocation patronale.
Nous condamnons avec la plus grande fermeté, ce comportement scandaleux, d’une direction fachisante contre des femmes et des hommes qui ne demandent qu’une chose, TRAVAILLER.
Le gouvernement par son silence se rend complice de ces méthodes.
Les salariés de FRALIB sont en lutte depuis le 28 septembre 2010, contre la fermeture de leur usine, et pour le maintien de l’activité industrielle et des emplois. Il est urgent que les dirigeants de notre pays assument leurs responsabilités, fassent cesser ces méthodes indignes et organisent dans les plus brefs délais une table ronde nationale que nous demandons depuis plusieurs mois.
Gémenos
Le 07 Novembre 2011
http://cgt.fralibvivra.over-blog.com/
Alain Joxe, sociologue et chercheur en géopolitique, rebondit sur L'Empire de la valeur, le nouveau livre d'André Orléan, en rappelant l'histoire de l'esclavage pour dette condamné par Solon et Aristote, parce qu'il s'agissait, précisément, d'une atteinte fondamentale à la démocratie.
c'est de savoir bien précisément comment il est tenu esclave.»
Yannis Makriyannis, Mémoires.
André Orléan a tout a fait raison de soumettre l'analyse de la crise financière, dans le cas grec, à l'analyse politique, ce qui
maintient «le peuple» au moment souverain de la causalité politique. La crise, est immédiatement politique, même si la faillite est économique et même si les acteurs du spectacle,
des classes en conflit, sont sociaux et transnationaux. Ceux qui préfèreraient une hiérarchie de causalités allant des causes matérielles aux conséquences logicielles peuvent lire
les trois classes d'évènements dans un autre ordre. On pourrait donc commencer, comme d'habitude, par l'économie, avec Marx et les Patronats adorateurs du Marché, puis la sociologie. Enfin la
politique où les politiciens s'agitent frénétiquement sou l'œil serein des économistes, seuls calculateurs réels.
Mais il est clair que la gestion purement financière de l'économie, qu'Aristote distingue déjà de l'œconomie, en l'intitulant l'«art chrêmatistique», mène à l'entropie politique. Les peuples devront donc bien fonder une résistance par une contre-attaque, améliorant, au niveau du logiciel politique, la compétence sociale et locale de l'Union. Ils devront considérer l'hégémonie actuelle du logiciel global financier et la statue du commandeur de l'euro comme une illusion d'optique, construite politiquement, sur la négation de la convivialité et de la vie sociale des habitants du lieu – et en général des lieux : la négation donc de la démocratie, (en grec : la souveraineté des circonscriptions électorales de cohabitants (dèmes).
D'où l'importance réelle du sursaut politique c'est à dire de la démo-cratie, la renaissance par le soulèvement (stasis) de la prééminence des circonscriptions populaires locales : celle-ci ressurgit comme facteur autonome, elle remonte à la tête du concret local, parce que la Finance, ayant traité le peuple, techniquement, comme un simple facteur de profit local en baisse, doit s'attendre à payer le prix de cette malversation.
Bien sût il y a un calendrier, des échéances techniques signées. Les auteurs du plan de refinancement de la Grèce, indignés du recours au référendum improvisé par le premier ministre du Pasok (le parti socialiste grec), sont convaincus qu'ils ont le droit de suspendre sans délai les flux financiers qui doivent payer les fonctionnaires grecs. Cette menace ne peut rallier que les fonctionnaires. Mais mettre ce genre de menace «légale» à exécution c'est prendre le risque ridicule de déclencher une guerre civile pour des sommes ridicules par rapport à celles qui devraient être décaissée si l'ensemble du système politique euroméditerranéen était mis en failite par les experts comptables, européens, finalement au service des banques plutôt que des Etats.
Le cas grec est un prototype ou même plus, un champ d'expérimentation pour la préparation de la répression sociale en Europe. Le tout dernier rebondissement de la saga financière globale semble provisoirement se concentrer sur le système bancaire de l'Union européenne et sur la dette grecque, qui mènerait le système bancaire européen, et donc sino-américain, à la catastrophe si on ne parvient pas à obliger les couches pauvres de la population de Grèce à tomber dans la disette absolue.
Les Chinois prudents ne décident trop rien : il serait imprudent qu'ils parussent manipulables par une petite erreur de corruption locale, et les manœuvres maladroites de quelque experts, dans le système monétaire confédéral européen dominé par la fédération industrielle des länder allemands.
Les techniques boursières – et les lois – ont permis en effet (en Chine également) de définir certains gisements de profit comme « purement chrêmatistiques » en utilisant ici le concept créé par Aristote qui distingue la spéculation de l'œconomie. οἶκο-νομία (oiko-nomia) signifie en grec: normes de gestion de la maisonnée ; la chrêmatistique (κρεμτιστικε τεχνε) signifie «l'art de faire du profit en économie monétaire par le prêt à intérêt»). Ces gisements «artificiels» de profits ne sont plus situés aujourd'hui dans l'espace-temps économique et logistique réel, mais dans l'espace virtuel et le temps rapide de la communication électronique. Un temps de type « militaire », avec menace, prise de risque, décisions héroïques. Batailles avec « paiement comptant ». Mais sans feu ni lieu. Pour autant – contrairement aux maffias anciennes, corses, siciliennes ou napolitaines – ces réseaux prédateurs ne sont plus au service des tribus, des villages, de la vieille mère et des cousins pauvres, mais au service de l'accumulation et la spéculation financière elle même, considérée comme l'instrument du profit final. Réservés aux noblesses rentières ploutocratiques. Les armateurs grecs et les spéculateurs ont été mis à l'abri des sursauts de l'Etat grec grâce aux déguisements que les financiers américains ont consenti, pendant longtemps, au statut de la dette publique.
Exiger des grecs la «solution comptable» qui leur est imposée ne serait possible que si le peuple grec acceptait de tomber dans la misère pendant un génération, et cette acceptation n'est possible que par une décision politique démocratique ou par une répression sauvage. Entre les deux, l'Union Européenne qui n'est pas un état fédéral manque d'options. L'Eglise orthodoxe grecque, non imposable, qui a tout son bien en immeubles et terrains, est à la veille d'un rebond socio-politique comparable à celui qu'avait connu l'islam wahabite et la mode du voile, à Sarajevo pendant le siège, dans le quartier de l'ambassade saoudienne.
Papaandréou acculé dans une contradiction sans issue, décide brusquement de proposer un référendum. C'est légitime, car les obligations financières du plan de redressement exigent la mise sous tutelle ou sous curatelle d'un état souverain. Drôle d'affaire. La commission de surveillance de l'Union Européenne s'imagine déjà jouant le Résident Général d'un nouveau système d'asservissement ; une mise en esclavage pour dette du peuple grec.
Comme le montre Aristote (au IVe siècle avant J.-C.) dans La Politique (I,8-I,9 ; II,20), l'extrémisme de la gestion « chrêmatistique » de la richesse a été pressenti dès l'antiquité, quand la monnaie est considérée non plus comme moyen d'échange, mais comme outil de mesure de l'usure, l'enrichissement devient en soi illimité. Une dette infinie suppose alors un soumission totale : l'esclavage. Mais c'est bien, aujourd'hui, la globalisation réelle de « l'œconomie » en même temps que la révolution électronique qui permet la création de ces dettes opaques, les produits obligataires complexes, qui rendent la chrêmatistique capable d'aller jusqu'à l'extrême de sa définition, en tant que prédation infinie de la richesse, ne pouvant être modérée que par la force de la loi, en démocratie.
C'est en effet l'interdiction de la réduction en esclavage des citoyens pour dettes, qui avait fait l'objet d'une loi promulguée par Solon (entre 595 et 575 avant JC) et qui est l'origine de la démocratie en occident. Ce fut également une coutume juive énoncée dans le Lévitique, l'année jubilaire: tous les cinquante ans, l'abolition, de toutes les dettes esclavisantes pour éviter l'explosion sociale. Le concept d'éco-nomie exigeait qu'on puisse considérer l'accumulation des dettes des pauvres comme la preuve d'une mauvaise gestion de la cité.
La fin des régulations souveraines de l'économie des cités ou des Etats, fruit de la globalisation des marchés financiers, ne permet plus de déceler et de contrôler localement l'origine complexe globale de la croissance des inégalités et des endettements. Nous sommes donc en vue d'un retour pur et simple à l'annulation des dettes par la loi, ou d'une construction prochaine de la démocratie fédérale européenne, sociale et partiellement protectionniste, ou d'un néolibéralisme beaucoup plus repressif, en dépit des révolutions démocratiques méditerranéennes.
C'est ce que n'arrivent pas à décider les institutions de l'Union européenne et en particulier du système monétaire. Mais ce n'est certainement pas en gagnant quelques semaines que les experts comptable de l'euro-Europe vont éviter que la question grecque soit transformée en question politique paneuropéenne. Il faut s'attendre à d'autres rebondissements, qui demanderont de l'imagination aux gauches, en espoir d'alternance.
« Il existe un certain art naturel d'acquérir pour les chefs de famille et pour les chefs politiques (c'est à dire limité)
ARISTOTE.
Politique,
I, 8 ,30-35... Mais il existe un autre genre de l'art d'acquérir qui est spécialement appelé, et appelé à bon droit, « art chrêmatistique ». C'est à ce mode
d'acquisition qu'est due l'opinion qu'il n'est aucune limite à la richesse et à la propriété. Beaucoup croient, en raison de son affinité avec l'art naturel d'acquérir, que les deux
ne font qu'un... Seulement l'un est naturel et l'autre n'est pas naturel
Politique
I, 9 - 1257
a,
p. 55... (Depuis l'invention de la monnaie) .... il y a deux formes de finance : c'est bien de la même chose possédée, la monnaie, qu'il y a usage mais pas de la même manière
. La forme domestique de la chrêmatistique (la trésorerie courante de la maison) a en vue une fin autre que l'accumulation de l'argent, tandis que la seconde forme a pour fin
l'accumulation elle-même.Ce qu'on déteste avec le plus de raison c'est la pratique du prêt à intérêt parce que le gain qu'on en retire provient de la monnaie elle-même. »
Aristote
op cit.
II 20-25
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