Jeudi soir, vers 23 h, la place Paul Cézanne (1er) à Marseille a été le théâtre d’une opération spectaculaire et musclée des forces de "l’ordre". Durant deux heures, des dizaines de CRS et d’agents de la BAC sont intervenus à coup de matraques et de bombes lacrymogènes, flash ball et taser au poing. Bilan : trois personnes arrêtées et une autre évacuée d’urgence vers l’hôpital.
A l’origine, un contrôle "de routine" au Balthazar, en plein concert, pour “vérifier la conformité du lieu et des artistes avec les réglementations”. Hasard ? Ce soir-là, c’est le Ministère des Affaires Populaires, groupe réputé pour son engagement social et antiraciste, qui était programmé dans ce lieu associatif bien connu de la jeunesse marseillaise. Quand les policiers, accompagnés de chiens, exigent l’annulation du concert, le ton monte.
De toute évidence, c’est la présence de policiers
surarmés et très agressifs qui a détérioré la situation, provoquant
l’incompréhension et la peur. Les patrouilles de police, voire de
l’armée, sont devenues quasi quotidiennes aux alentours du Cours
Julien. Après les rafles de sans-papiers, ce sont les jeunes qui font
les frais de la politique de reprise en main du centre-ville. Notons
également que ces évènements interviennent au milieu des Med Business
Days (rassemblement d’un
millier de patrons du pourtour e la
Méditerranée), qui occasionnent un déploiement impressionnant de
policiers.
La LCR est aux côtés des habitant-e-s et des associations du quartier qui ont commencé à rassembler des témoignages sur ces évènements. Elle apporte toute sa solidarité aux administrateurs du Balthazar et au groupe MAP face à la censure dont ils ont fait l’objet. Plus largement, elle appelle l’ensemble des citoyens et des organisations attachés aux libertés démocratiques à réagir contre la banalisation de ce type d’opérations. Organisons la vigilance face aux dérives autoritaires du pouvoir actuel.
Marseille, le 4 juillet 2008
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