TOUT LE MONDE NE SE SERRE PAS LA CEINTURE

Publié le

Au gouvernement, les casseroles s'accrochent par batteries

En partenariat avec<br /> LesInrocks.comQui sera le prochain ? Cette semaine, Le Canard enchaîné épingle trois ministres de Nicolas Sarkozy : Rama Yade (pour son hôtel sud-africain plus onéreux que celui des Bleus), Christian Blanc (pour des cigares payés par le contribuable) et Alain Joyandet (pour un permis de construire illégal).
La chambre de Rama Yade

Il y a quelques jours, Rama Yade dénonçait avec fracas le prix des chambres occupées par les Bleus en Afrique du Sud. Et les appelait « à la décence en temps de crise ». Selon l'hebdo satirique, le prix de la chambre d'hôtel, retenue par la
secrétaire d'Etat en Afrique du Sud, est en fait plus élevé que celui payé par les joueurs de l'équipe de France.

Il faut dire que Rama Yade n'avait pas choisi l'hôtel le plus moisi, mais un luxueux cinq étoiles à Georgetown avec une suite à 667 euros la nuit. Et dans sa grande mansuétude, la secrétaire d'Etat avait réservé cinq autres chambres à 340 euros la nuit pour les membres de son cabinet. Selon le Canard, tout ce petit monde devait rester deux nuits dans l'hôtel.

Sentant que l'histoire pouvait faire mauvais genre si elle se retrouvait dans la presse, Rama Yade a souhaité annuler cette réservation… Trop tard. Le ministère ayant déjà payé la facture.
Mais Rama Yade n'a pas occupé sa suite. Elle s'est installée à la Résidence de France au Cap et a occupé une nuit à 120 euros dans une chambre d'hôte à Knysna. Le Canard estime que le séjour de Rama Yade en Afrique du Sud a coûté au bas mot 45 000 euros, dont 37 000 euros en billets d'avion pour elle et ses cinq collaborateurs.

La secrétaire d'Etat a pondu un communiqué pour se défendre… et confirmé les révélations du journal !
Les cigares de Christian Blanc

Le Canard n'y est pas allé de main morte cette semaine. Après Rama Yade, c'est au tour du secrétaire d'Etat en charge du Grand Paris de se faire épingler. Christian Blanc se serait fait offrir par l'Etat 12 000 euros de cigares en dix mois. Seul le quart de cette somme aurait été à ce jour remboursé par l'intéressé. A ce prix là, on espère qu'il a profité de la fumette…

En attendant, Christian Blanc promet de révéler haut et fort qui l'a balancé au Canard.
Alain Joyandet et ses deux boulettes

Troisième victime du journal : Alain Joyandet avec deux affaires en quatre mois. Selon les dernières révélations, le secrétaire d'Etat à la Coopération aurait bénéficié d'un permis de construire illégal pour une villa de 231 m2 à Grimaud, près de Saint-Tropez. De quoi ajouter 46 m2 à la maison qu'il avait décidé de se faire construire, alors que les règles en vigueur dans la commune limitent la superficie totale à 157,5 m2.

En mars dernier, Alain Joyandet avait déjà reçu un « pan sur le bec »
du journal satirique. Joyandet avait utilisé un jet privé pour un déplacement ministériel en Martinique.
Coût de l'aller-retour : 116 500 euros.

Un chouïa moins que Christian Estrosi, en janvier 2008. Le secrétaire d'Etat de l'Outre-mer de l'époque avait préféré un Falcon 900 au vol régulier d'Air France pour se rendre en Nouvelle Calédonie et revenir aussi vite. Histoire d'arriver à l'heure à un pot organisé par Nicolas Sarkozy à l'Elysée !
La mission à 9500 euros de Christine Boutin

La semaine dernière, on apprenait que Christine Boutin touchait la coquette somme de 9500 euros pour une mission confiée par l'Elysée sur les « conséquences sociales de la mondialisation ». Des revenus cumulés avec une indemnité de conseillère générale des Yvelines et sa retraite de députée, soit un total de 17 500 euros par mois.

Devant l'émoi provoqué par ces révélations et les amicales pressions de l'exécutif, Christine Boutin a renoncé aux 9500 euros qu'elle percevait depuis avril. Quant à François Fillon, il a annoncé son intention d'empêcher les ministres de cumuler rémunération et retraite. De peur de voir d'autres dossiers gouvernementaux sortir dans la presse…
Le frère de Fadela Amara face à la Tour Eiffel

Début juin, Fadela Amara essuyait les plâtres. Le Canard Enchaîné
révélait que la secrétaire d'Etat hébergeait un de ses frères dans son logement de fonction de 120 m2 donnant sur la tour Eiffel qu'elle n'avait jamais occupée.

On apprenait aussi que l'heureux sous-locataire pouvait profiter des talents du cuistot et d'un maître d'hôtel.
Les deux apparts de fonction de Christian Estrosi

Le 19 mai dernier, le très sarkozyste Christian Estrosi se voyait accuser de profiter de deux logements de fonction financés par des fonds publics. Avec un duplex de 50 m2 au ministère de l'Economie et de l'Industrie, à Bercy, et un trois pièces de 70 m2 situé au 80, rue de Lille, dans le très chic VIIe arrondissement de Paris.

Après les révélations du Canard Enchaîné, Estrosi s'était dépêché de monter une opération commando-transparence pour faire visiter ses deux pieds à terre à la presse. Le ministre soulignant devant les caméras qu'il partageait le trois pièces avec l'une de ses filles et qu'il payait la taxe d'habitation. Morale de l'histoire selon Estrosi :

« Je ne coûte pas un centime à l'Etat, ma fille non plus »

Reste à savoir ce que tout cela coûtera politiquement à Nicolas Sarkozy…

En partenariat avec LesInrocks.com

LesInrocks.com

Commenter cet article