La Tunisie grondait, et MAM volait aux frais du clan Ben Ali

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Décidément, la crise tunisienne ne réussit pas à Michèle Alliot-Marie ! Peu avant sa funeste intervention devant l'Assemblée nationale, elle et son compagnon, l'autre ministre Patrick Ollier, ont voyagé dans un jet appartenant au beau-frère du président Ben Ali et à son associé. Le Canard Enchaîné de mercredi, qui révèle l'affaire, s'attire des réponses plutôt alambiquées du porte-parole de la ministre des Affaires étrangères.

Le surnom que vient de lui trouver l'hebdo satirique, « MAM-la-Gaffe », résume bien le flair politique qu'a montré la patronne de la diplomatie française en planifiant ses vacances de Noël. Rappel des faits : le 17 décembre, Mohamed Bouazizi, 26 ans, s'immole par le feu à Sidi Bouzid. Son acte déclenche des émeutes incessantes jusqu'à la fuite, moins d'un mois plus tard (le 14 janvier), du président Ben Ali.

L'ami du couple n'est « pas du tout » un proche de Ben Ali…

A mi-chemin entre ces deux dates, il y a les fêtes de fin d'année, que le couple MAM-Ollier décide de passer en Tunisie. Après quelques jours dans la station balnéaire de Hammamet, nos deux ministres – monsieur est en charge des Relations avec le Parlement – décident de se rendre à Tabarka, dans un hôtel appartenant à un certain Aziz Miled, homme d'affaires de son état.

Pas par la route, qui est « un peu sinueuse et éprouvante », selon Le Canard, et peut-être aussi un peu trop longue pour ces deux vacanciers aux agendas de ministres (trois heures). Ils acceptent donc, comme un « service », de grimper à bord du jet privé d'Aziz Miled, qui le possède avec… Belhassen Trabelsi, le beau-frère – très haï du peuple tunisien – du président Ben Ali.

La ministre, qui a confirmé ces informations au Canard, a fait répondre qu'Aziz Miled est « un ami de longue date » et qu'il n'est « pas, mais alors pas du tout [sic], un proche de Ben Ali ». L'ennui, c'est que cet homme d'affaires a signé en 2010 un appel saluant les nombreuses qualités du dictateur tunisien, et l'appelant à se représenter.

MAM ne sait pas à quel nom la facture a été établie

Il était donc, aussi, l'associé de son beau-frère. Et ce n'est pas tout, écrit l'hebdomadaire :

« Miled était aussi, à l'insu de son plein gré sans aucun doute, l'un des organisateurs et bailleurs de fonds des campagnes électorales de Ben Ali. »

Pour couronner ces révélations fort embarrassantes pour la ministre, Le Canard relève une réponse faite par le Quai d'Orsay au Parisien, qui l'interrogeait ce lundi sur une éventuelle invitation de Ben Ali pour ces vacances de fin d'année :

 » « J'ai payé mes vacances », affirme-t-elle, indignée que l'on puisse soupçonner le contraire. La facture de l'hôtel de Tabarka (propriété du généreux Aziz Miled), MAM ne se souvient plus à quel nom elle a été établie, fait-elle dire au Canard. Alliot ? Marie ? Ollier ? Mais, juré-craché, elle a été réglée. »

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