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Logo - retour accueilLes travailleurs pauvres en France
le 24 janvier 2011
On compte entre un et deux millions de travailleurs pauvres en France selon les définitions.

Les travailleurs dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté

Entre 1 et 1,9 millions de personnes exercent un emploi mais disposent, après avoir comptabilisé les prestations sociales (prime pour l’emploi, allocation logement, etc.) ou intégré des revenus de leur conjoint, un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, fixé à la moitié du revenu médian [1] dans le premier cas et à 60 % dans le second cas. Quelle que soit la définition que l’on utilise, le nombre de travailleurs pauvres a grossi de 100 000 personnes entre 2003 et 2008, et encore les données 2008 minimisent les chiffres du fait d’un changement de méthodologie. Il est d’ailleurs possible que ce nombre ait progressé depuis avec la montée du chômage.

Si l’on compte l’ensemble des personnes, conjoints et enfants compris, c’est entre 1,9 et 3,7 millions de personnes qui vivent dans un ménage pauvre dont le chef de famille dispose d’un emploi - toujours en tenant compte de l’ensemble des ressources.

Même en utilisant la définition la plus restrictive on compte presque deux millions de personnes qui vivent avec moins de 800 euros par mois pour un adulte seul [2], alors qu’elles exercent un emploi ou que leurs parents sont dans ce cas.

L’existence de travailleurs pauvres résulte de plusieurs facteurs. D’abord, de la faiblesse des salaires dans de très nombreux secteurs et notamment du niveau du salaire minimum. Ensuite du temps partiel, qui réduit en proportion les niveaux de vie. Enfin, du fractionnement des emplois : petits boulots, alternances de phases d’emploi et de chômage ou d’inactivité.

Evolution du nombre de travailleurs pauvres
Personnes qui exercent un emploi, dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, aux seuils de 50 et 60 % du revenu médian.
Unité : milliers

1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
Seuil de 50 % 977 996 1 013 953 913 915 947 994 977 1 008 1 022
Seuil de 60 % 1 882 1 942 1 948 1 934 1 896 1 771 1 797 1 838 1 872 1 999 1 897
Les données 2008 sont minimisées du fait d'un changement de méthodologie de l'Insee. Le niveau de vie tient compte des prestations sociales, des impôts et des revenus des conjoints.
Source : Insee
Personnes vivant dans un ménage de travailleurs pauvres
Nombre de personnes pauvres, chef de ménage, enfants et conjoints, vivant dans un ménage dont le chef de ménage exerce un emploi
Unité : milliers

1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
Seuil de 50 % 1 874 1 899 1 964 1 793 1 644 1 702 1 742 1 821 1 743 1 818 1 878
Seuil de 60 % 3 879 3 965 4 041 3 981 3 682 3 527 3 558 3 619 3 596 3 838 3 728
Les données 2008 sont minimisées du fait d'un changement de méthodologie de l'Insee. Le niveau de vie tient compte des prestations sociales, des impôts et des revenus des conjoints.
Source : Insee

Les travailleurs dont le revenu d’activité était inférieur au seuil de pauvreté (au seuil de 60 %) en 2006.

3,7 millions de travailleurs - soit 15 % des actifs - disposent de revenus individuels d’activité (de leur travail, on ne tient pas compte là des revenus du ménage et des prestations sociales perçues par ailleurs) inférieurs à 60 % du revenu médian et peuvent donc être considérés comme pauvres. Parmi eux, 2,5 millions ont été en emploi tout au long de l’année, 700 000 ont connu des périodes de chômage et 500 000 une alternance entre emploi et inactivité.

Parmi les 1,8 million de travailleurs pauvres qui ont été en emploi toute l’année, 1,3 million sont employés en temps partiel. Au total, près de 40 % des actifs en temps partiel disposent de revenus d’activité inférieurs au seuil de pauvreté à 60 %. Le taux de pauvreté, en considérant les revenus individuels d’activité, est aussi très élevé chez les non-salariés : il atteint 32 % pour ceux qui ont été en emploi toute l’année.

Les travailleurs dont le revenu d'activité est inférieur au seuil de pauvreté
Au seuil de 60 %
Unité : %

Effectif (milliers)
Part dans la population des travailleurs pauvres (%)
Situation d'activité des travailleurs pauvres

Ensemble 3 745 100,0
Emploi salarié toute l'année : 1 800 48,0
- à temps complet 525 14,0
- à temps partiel 1 275 34,0
Emploi non salarié toute l'année 739 19,7
Alternances emploi/chômage : 741 19,8
- emploi majoritaire 299 8,0
- chômage majoritaire 442 11,8
Alternances avec inactivité 467 12,5
* Pauvreté mesurée sans tenir compte des revenus du ménage, des prestations sociales et des impôts. Il s'agit uniquement des revenus d'activité
Source : Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, données 2006.
Comment mesurer le nombre de travailleurs pauvres ?
Il existe deux façons de mesurer le nombre de travailleurs pauvres. Soit on prend en compte l’ensemble des revenus du ménage et des prestations sociales. Il s’agit de travailleurs dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. C’est le cas, par exemple, d’une famille de cinq personnes où une seule dispose d’un emploi payé au Smic à temps plein. Soit on prend en compte uniquement les revenus individuels d’activité (salaires ou revenus des travailleurs indépendants). C’est le cas par exemple d’une personne employée au Smic à mi-temps, qui n’est pas prise en compte dans la seconde définition si elle vit avec une personne dont les revenus permettent de dépasser le seuil de pauvreté pour l’ensemble du ménage.

Pour en savoir plus :

L’Insee diffuse des données détaillées sur les niveaux de vie des actifs occupés ou des personnes vivant dans les ménages dont le chef de famille est actif occupé (lire en ligne).

Des données beaucoup plus détaillées sont disponibles auprès de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Lire en ligne.

Photo/ © ataly - Fotolia.com



[1] Le revenu médian est celui qui sépare l’effectif des ménages en deux - autant gagnent moins, autant gagnent plus

[2] Pour une famille on ajoute 400 euros pour un autre adulte ou un enfant de plus de 14 ans, 240 euros pour un enfant de moins de 14 ans.



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