Le NPA se passerait bien de ses révolutionnaires marxistes

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"Révolution" d'Olivier Besancenot (Christophe Payet).

Ils représentent à peine plus de 3% du parti, mais pensent avoir toute leur place au sein du NPA. Les partisans de la tendance révolutionnaire radicale voudraient recentrer le parti anticapitaliste sur le prolétariat et la lutte des classes. S'ils sont parfois malmenés, ils ont l'espoir de transformer leur « parti de profs et d'instits » en « parti de lutte des classes ».

Quatre orientations stratégiques étaient soumises au vote lors du congrès du NPA, qui se tenait ce week-end à Montreuil. A l'écart des projecteurs médiatiques, qui ont tous souligné la crise de la direction, la « position 4 » a voulu défendre un parti ouvrier et radicalement révolutionnaire. Cette plateforme était portée par le Collectif pour une tendance révolutionnaire (CTR) du NPA et n'a obtenue que 3,7% des voix.

Quatre orientations

Les délégués du NPA réunis en congrès ont notamment dû se prononcer sur quatre textes d'orientation stratégique du parti. Ce vote déterminait la représentation au Conseil national politique (sorte de parlement du parti).

Un face à face s'est tenu entre la position 2 et la position 3. La première, la plus unitaire vis-à-vis du Front de gauche, a obtenue 26,4% des voix. La deuxième regroupe l'aile gauche du NPA, qui souhaite un parti révolutionnaire et indépendant. Elle a récolté 27,8% des suffrages.

La position 1, présentée par la direction du parti, tentait quant à elle de faire le grand écart entre ces deux grandes tendances, sans véritablement trancher la question. Une orientation de compromis qui n'a pas réussi à obtenir de majorité absolue, avec 41,88%.

La quatrième position est celle du Collectif pour une tendance révolutionnaire (CTR). Issus de la position 2, ils défendent une conception radicale et prolétarienne du NPA. Ils n'ont obtenu que 3,7% des suffrages.

Le CTR s'est formé en juin 2010, notamment autour de la tendance Claire (pour « Communisme, lutte auto-organisée, internationaliste et révolutionnaire »), courant lambertiste existant depuis la création du parti en 2009 mais non reconnu par la direction.

Le collectif inclut aussi des militants issus d'autres courants, comme Vincent Duse, syndicaliste à PSA Mulhouse et ancien membre de la Fédération anarchiste.

La révolution qui dérange

L'existence de cette tendance ne passe pas bien à la tête du parti. Dès le congrès fondateur du NPA, la tendance Claire avait eu des difficultés à intégrer le parti. « La LCR était contre notre présence. Elle a toujours du mal à reconnaître d'autres groupes qu'elle-même », témoigne Ludovic, animateur de la tendance Claire.

Une motion de non-reconnaissance de la tendance Claire devait d'ailleurs être soumise au vote du congrès dimanche. La direction a finalement décidé, au cours d'une réunion dimanche matin, de retirer cette motion.

Etre capable de relever le défi de l'insurrection armée

Les militants du CTR ont bien conscience de n'être qu'une minorité. « Il faut être honnête, on ne fait pas fureur », reconnaît Vincent Duse. Hors de question dès lors de s'isoler du parti :

« Le NPA a pignon sur rue. Besancenot arrive à avoir une large image de leader radical. C'est porteur pour nous. »

Pour ce collectif, le NPA devrait se prononcer sur la stratégie révolutionnaire au plus vite. Il dénonce la politique générale du parti qui refuse de trancher et continue de « naviguer à vue » entre les révolutionnaires et les réformistes.

Vincent Duse souligne :

« On ne pouvait plus continuer à être au NPA sans faire une tendance qui revendique des positions claires quant à la stratégie révolutionnaire : renverser l'Etat de telle manière, en mettant en place des comités, qu'on les appelle soviets ou pas.

Si un jour, une situation d'insurrection armée devrait se présenter, il faut être capable de relever ce défi, non pas par plaisir, mais par nécessité. » (Voir la vidéo)


Un discours qui revient aux sources marxistes

Le discours du CTR laisse peu de place à l'équivoque. Leur plateforme développe une position « vertébrée par la centralité prolétarienne, l'objectif du communisme, la stratégie de la révolution prolétarienne ».

Il se revendiquent de « l'auto-organisation des travailleurs, pour la centralité des luttes, pour le front unique ouvrier, pour la grève générale. […] Pour l'intervention organisée des militants du NPA dans les syndicats. […] Pour la formation et la propagande marxistes. »

« Ils sont déconnectés. Au bout d'un moment, on finit par faire un parti avec 3% des adhérents », observe un militant pourtant favorable à un parti révolutionnaire.

Le NPA en petite forme, les révolutionnaires requinqués

Alors que le NPA sort de son congrès divisé et que le bilan relève plutôt de l'échec, les militants du CTR ressortent optimistes. Avec leurs petits 3,7% (soit treize voix), ils obtiennent six élus au conseil national. Une faible représentation sur les 161 élus au total, mais un score plus élevé que prévu. Ils envisagent maintenant de placer quelqu'un au comité exécutif (direction resserrée du parti).

La stratégie révolutionnaire est discutée, mais elle est toujours loin d'être tranchée dans un parti qui ne veut fâcher personne. Et qui finit par fâcher tout le monde.



rapport orientation p4

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