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© Sortir du ColonialismeLa Semaine anticoloniale est organisée depuis 6 ans par un collectif unitaire regroupant plus de 50 associations.  Aujourd’hui l’association, «Sortir du Colonialisme » a été créée par celles et ceux qui ont jusqu’ici tenu à bout de bras cette initiative citoyenne originale qu’est la Semaine anticoloniale. Cette Semaine anticoloniale est à la fois un vaste forum de discussion et un moment d’initiatives concrètes, politiques et culturelles vise à fédérer tous ceux pour qui l’anticolonialisme, n’est pas seulement une commémoration de quelques grands évènements mais veut exprimer la mémoire vivante des luttes d’aujourd’hui et de demain. Frantz Fanon, Medhi Ben Barka, Gandhi, Thomas Sankara, Bolivar, Toussaint Louverture, Lumumba, et tant d’autres ne sont pas des reliques du passé mais des références présentes.

 

 

Cette année, la révolution démocratique arabe fait de la Semaine un évènement exceptionnel. De Tunis au Caire, une deuxième décolonisation a commencé, celle prise en main par les peuples victimes de dictatures liés aux intérêts du nouvel ordre colonial. Les peuples arabes sont en train de donner une expression concrète et positive à la sortie du colonialisme. Nous nous en réjouissons et nous ferons de la manifestation du 26 février, point d’orgue de la semaine , une manifestation de solidarité avec les peuples de cette région et une dénonciation de la politique étrangère néo conservatrice du gouvernement Sarkozy.

 

Nous n’avons pas choisi les dates de » La Semaine anticoloniale » au hasard:

 

- Le 21 février 1944  les nazis assassinaient un groupe de 23 résistants de la Main-d’Oeuvre Immigrée, arméniens, juifs polonais, juifs hongrois, espagnols, italiens, dirigé par le résistant communiste arménien. Manouchian et restés dans l’histoire sous le nom de » l’Affiche Rouge ». Le groupe Manouchian combattait le fascisme, le racisme, le nationalisme Il défendait l’esprit universaliste de la révolution française et de la Commune de Paris qui avaient intégré des militants politiques étrangers comme combattants de la République.  Dans les années cinquante et soixante, le 21 février était devenu la journée anticolonialiste et antiimpérialiste, soulignant le droit des peuples à disposer d’eux mêmes. Nous voulions reprendre cette tradition en l’inscrivant dans l’actualité : la traque des parents et des enfants d’immigrés, la chasse aux sans papiers., le délit de faciès, les expulsions de demandeurs d’asile, les camps de rétention, l’utilisation des étrangers comme des boucs émissaires . la suite allait être encore pire. L’élection de 2007 débouchait sur la constitution d’un Ministère de l’Identité nationale et de l’immigration , renvoyant aux heures les plus tragiques de notre pays. L’esprit de Manouchian, l’esprit de la Fraternité entre français et immigrés est donc devenu le ciment de la semaine .

 

- Le 26 févier 1885 clôturait  la conférence internationale de Berlin, au nom de leur prétendue mission civilisatrice et humanitaire les puissances occidentales dépeçaient l’Afrique pour se partager des empires coloniaux.   aussi cette date symbolisait une politique encore actuelle, celle de la Françafrique, de la politique néo colonialiste de la France en Afrique où le plus souvent elle cautionne des élections truquées, favorisant ses affidés, à Djibouti, au Congo Brazzaville, au Gabon où elle soutient les dictateurs, au Tchad ou en Centrafrique. Nous n’acceptons pas la politique des entreprises françaises multinationales  qui comme Areva tente d’imposer sa loi au Niger. Bolloré, Total, Bouygues, GDF Suez, Veolia, et tant d’autres considèrent les anciens pays colonisés par la France comme des terrains de chasse où pour s’imposer face à la concurrence chinoise ou américaine. La Conférence de Berlin a ouvert un cycle qui n’est pas refermé.  Du Rwanda à la Côte d’Ivoire a plongé l’Afrique dans une dynamique de conflits inter ethniques, a produit des guerres artificielles, a été un champ de manœuvres pour les mercenaires et les marchands d’armes du monde entier,

 

-  Le 23 février 2005 l’Assemblée nationale votait un amendement scélérat sur le bilan positif de la colonisation  alors que pendant plus de quatre siècles la France a participé activement à la traite négrière, à la déportation des populations de l’Afrique sub-saharienne,  a massacré et imposé  sa loi sur des dizaines de peuples dont elle a pillé les richesses, détruit les cultures, ruiné les traditions, nié l’histoire, effacé la mémoire.

 

 La semaine est née de la colère suscitée  par cette loi qui symbolisait le retour en force du discours colonial. Depuis quelques années, une véritable bataille se joue autour du débat sur le caractère positif de la colonisation, sur l’identité nationale, sur la place de l’immigration dans la société française. Cette guerre des mots fait des dégâts et divise la société française frappée par la crise globale financière, économique, sociale, écologique, entraînée par la globalisation. Cela se traduit concrètement par les provocations  et les insultes de toutes sortes employant un langage discriminatoire vis à vis de toute une catégorie de la population..; nettoyage au karcher », « racaille »,« voyous ». Les déclarations publiques incessantes des politiques :«barbares »,« islamistes », « communautaristes », » sous - hommes » … contribuent à un climat sécuritaire, et surtout  importent la guerre de civilisations dans nos quartiers.

 

Mais cette loi sur la colonisation positive a aussi engendré une guerre des mémoires où les nostalgiques de l’OAS et de l’Algérie française tiennent le haut du pavé de Perpignan à Belfort et de Montpellier à Marignane. Des stèles, des musées, des noms de rues sont attribués à des assassins. Les factieux d’alors racontent une histoire légitimée par les discours du Président de la République à Toulon ou à Dakar.

 

D’autres dates jalonnent cette semaine anticoloniale comme celle du 21 février 1965 où  Malcom X, le leader noir américain  était assassiné alors qu’il devenait le symbole de la lutte de libération des Noirs américains ou comme celle de l’assassinat d’Augusto Sandino, qui osa affronter dans les années vingt  l’impérialisme américain et le dictateur à sa solde .

 

La semaine anticoloniale a quelques objectifs dans lesquels se retrouvent tous les mouvement qui y participent librement, en organisant ensemble ou chacun leurs propres évènements  :

 

- débattre partout de l’histoire de la colonisation de son actualité

- dénoncer l’impunité  des crimes coloniaux d’hier et d’aujourd’hui

- donner la parole aux victimes de la colonisation et à leurs enfants, d’informer sur les luttes de libération nationales et soutenir les luttes des peuples victimes de la colonisation.

- dénoncer  la recolonisation économique et l’ingérence des multinationales dans la vie politique, économique et sociale des pays où elles développent leurs activités et comprendre les processus de la mondialisation néo-libérale.

- mobiliser les jeunes et la population dans les quartiers, les lycées, les universités  autour de la solidarités internationale et  de l’égalité des droits

- interpeller les candidats aux élections sur ce qu’ils comptent faire pour en finir avec la fracture coloniale qui entretient les représentations héritées de notre histoire qui favorisent les discriminations accroissant  les inégalités,

 

Redonner un  sens et une cohérence à nos luttes en liant l’anticolonialisme à la lutte postcoloniale pour l’égalité des droits ici et maintenant d

© Sortir du Colonialisme
ans les quartiers populaires, tel est le sens de cette semaine anticoloniale, Ce n’est pas seulement au nom de la mémoire que nopus menons le combat anticolonial. Comme la révolution tunisienne vient de le montrer, la décolonisation n’est pas terminée. Les peuples en entrant en résistance, sont entrain de prouver au contraire que contrairement à l’adage, il est  loin d’être fini le temps des colonies et que l’imbrication  de l’oligarchie financière internationale et des Etats dictatoriaux forment la trame de ce nouvel système de domination.  L’anticolonialisme est une des dimensions essentielles d’une stratégie alter mondialiste pour qui veut combattre efficacement ce nouvel ordre colonial.

 

retrouver l'intégralité du programme sur www.anticolonial.net



Programme du Salon anticolonial

La Bellevilloise, 21 rue Boyer , 75020 Paris

Samedi 19 février 2011

9 h 30 - 12 H 30 : installation des stands dans l’espace Loft

12h h 15 13 H : Pot anticolonial réservé aux Exposants

13 h : ouverture au public :

Salle conférence : 13 H 45 15 H . « l’Actualité de l’anticolonialisme" avec comme intervenant-es : Monique Crinon- Emmanuel Terray- Patrice Yango

15 H Olivier Lecour Grand maison Historien : contre les politiques migratoires, construire une mobilisation antiraciste

Espace Forum : 14 H 30 15 H 30 / Hommage à Edouard Glissant

15 H 30 : Hommage musical et politique aux peuples tunisiens et égyptien

16 H : 18 H / La remise des prix de la Françafrique et du Colon de l’année avec entracte au cours duquel , des chansons du CD de la semaine anticoloniale seront slamés par Samba,

18 H : La Journée sans Immigrés du 1er Mars : clip et rap de présentation : Espace Forum 19 H Fermeture du Salon et ;Concert gratuit dans l’Espace Forum.

Dimanche 20 février 2011 :

10 H 30 12 H

12 H 13 H Salle Conférence : Kanaky , l’indépendance en 2014 ?

13 H 14 H Bruno Jaffré ; Pour une commission d’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara

1 4 H 15 H : le Bateau pour Gaza

Espace Forum : 10 H 30 12 H : Film 50 ans après l’invasion de la baie des Cochons 12H 30 _ 15H : la révolution démocratique arabe contre la guerre de civilisations

Intermède culturel : Chanteuse Kurde Nuerin

Danseuses Tamoules présentées par la Maison du Tamil EEmal

16 18 H : Remise du prix du livre anticolonial

19 h : Fermeture du Salon

Concert Argentin dans le Club (entrée 5 €)

Dans l’espace Loft en permanence, le Salon du Livre anticolonial, venez dédicacez vos livres en discutant avec des historiens, écrivains, auteurs d’essais anticolonialistes : Thomas Delombes, Manuel Domergue, Gus Massiah, Alain Ruscio…. Venez à la rencontre des associations anticoloniales de tous les continents ; Achetez des produits issus du commerce equitable anticolonial

Dans l’Espace Forum en permanence deux expositions :

Mémoires coloniales, Mémoires de l’immigration du photographe Haïtien Gérald Bloncourt 30 photographies liées à la mémoire anticoloniale et aux luttes de l’immigration par un artiste engagé auprès de son peuple et des luttes anticoloniales. Gérald Bloncourt , à 84 ans , parcourt toujours le monde et continue à se battre.

Attention Travail d’Arabe d’Ali Guessoum

DU 18.02 AU 20.02 DU 25.02 AU 27.02

De l’Empire colonial à la Marche des Beurs, des tirailleurs aux travailleurs, l’exposition « Attention Travail d’Arabe » propose, avec justesse et humour, une vision décalée des différents stéréotypes les plus répandus sur l’immigration en France. Dédramatisant un passé parfois encore sensible, Ali Guessoum pose un regard inédit sur la mémoire des immigrés et une terre de France pas toujours accueillante. Avec l’humour comme vecteur de réflexion et de dérision, l’exposition revient sur les préjugés d’hier et d’aujourd’hui, véhiculés par les médias, les politiques ou encore la publicité. En prenant le parti de la légèreté, « Attention, Travail d’Arabe » éclaire les rapports parfois houleux entre la France et ses étrangers.

Grâce au détournement d’objets publicitaires, d’affiches et de codes graphiques, l’exposition souligne l’apport culturel, économique et social de ces Français venus d’ailleurs et permet la réappropriation d’une histoire trop souvent méconnue. Des anciens combattants à la carte de résidence, des travailleurs invisibles aux militants et à cette génération « Made in France » soucieuse de reconnaissance, « Attention, Travail d’Arabe » évoque un siècle de présence des immigrés sur le sol fra

Exposants Salon ( liste provisoire) : CEDETIM/ IPAM/ CEDIDELP, plateforme de solidarité avec le peuple du Sahara occidental créée en octobre 2010 , Afaspa , Maison de l’ Emaal Tamoul , Centre culturel Kurde CIPPP, ,Association 4acg (Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre), Réfractaires Non-Violents à la Guerre d’Algérie, Artisans du Monde , CAAC Comores

stands constituant un espace ALBA, AEA (Association des enfants des Andes) Coopérative Andine, les Ambassades réunies, comite.mapuche ;,Au nom de la Mémoire,

Espace Caraïbes : COFAD CO10 MAI, Collectif Mon Avenir , TIFLO ( Guadeloupe, Martinique) ACHI, Association des Couleurs ( haïti) Associu Sulidarità (Corsica),Comité de Solidarité avec le Peuple Basque, USTKE, solidarité Kanaky, MJKF, CAAC COMOres, (kanaky), Respaix, conscience musulmane , réveil des consciences – Emergences , NPA, PCOF, PCM, Huma / PCF, Politis, Comité OTAN / Afghanistan, Comité Egypte , comité Tunisie , Mouvement de la Paix, Au nom de la Mémoire, Sans Papiers, Espace salon du Livre : Editeurs Le temps des cerises , La Découverte, Association : MEMOIRE ET BD, Librairies Envie de Lire et le Point du Jour

Le samedi 19 à partir de 19 h : Carlton Rara à l’Espace Forum Grand CONCERTS Entrée libre 19.02 À 20:00

Chanteur, compositeur, percussionniste franco-haïtien, Carlton Rara est né en 1975. Il passe toute son enfance dans une salle de spectacle et développe très tôt son goût pour la musique et la percussion entre autres en voyant défiler sur scène les plus grands artistes internationaux du moment.

Il débute en solo avec tambours et voix seulement, dès 2003 sur la scène internationale, notamment au programme du festival Awesome Africa à Durban (Afrique du Sud). D’une voix peu commune, en créole ou en anglais, il réussit à marier ses différentes inspirations musicales qui vont de la musique traditionnelle du vaudou haïtien avec l’utilisation de rythmes tels que Yanvalou, Nago, Petro ou encore le Rara…jusqu’au blues qui trouve une grande place dans ses compositions. Il agrandit sa formation musicale au fil du temps, en 2005 il entame une collaboration avec le musicien guadeloupéen Serge Tamas avec qui il tournera en duo quelques temps.

En 2007, il rencontre les guitaristes Serge Balsamo et Rij Randrianivosoa avec qui il enregistre son premier album Peyi Blue (Iris Music) sorti en 2008, magnifiquement salué par la critique. En suivant l’exemple de la culture du marronnage haïtien qui reste indompté depuis plus deux siècles, il se forge peu à peu un style inclassable au cours d’une recherche artistique permanente. Sa culture pluridisciplinaire le rend très proche des mondes de la littérature, du théâtre et de la parole. Parallèlement à la musique, il développe l’art de la lecture en créant en 2006 La Spirale des Parois, un spectacle consacré aux œuvres de Guy Viarre et Frankétienne. On le retrouve également dans la pièce Les Dieux dans la Ville mise en scène par Béno Kokou Sanvee lors du Festival des Rumeurs Urbaines. Il collabore également avec les réalisateurs Félix Vigné, Gilles Elie dit Cosaque. Avec la complicité de Serge Balsamo et de Johary Rakotondramasy il se prête au jeu du ciné-concert pour l’accompagnement du film muet Why Worry avec Harold Lloyd très remarqué au festival d’Anères 2008. Toujours doté d’une couleur de musique unique aux accents blues, un nouveau disque est à paraître pour le début de l’année 2011.

http://www.carltonrara.com

Agenda de la semaine anticoloniale 2011


Documents joints

10 décembre 2010
Document : PDF
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