L’INSTITUT MONTAIGNE : VOUS CONNAISSEZ ? de : ROBERT GIL

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L’Institut Montaigne est un laboratoire d’idées créé en 2000 par Claude Bébéar, ancien PDG d’Axa. Ce « think tank » se déclare « dépourvu de toute attache partisane ». Mais il est financé par quatre-vingt grandes entreprises, parmi lesquelles Areva, Barclays, BNP-Paribas, Bolloré, Bouygues, Dassault, Ernst & Young, LVMH, Sanofi-Aventis, SFR, Total, Vinci, Veolia...C’est a dire que cet institut est totalement indépendant !!!

Dans un rapport de cet institut l’on apprend que le taux d’emploi des jeunes de moins de 25 ans et des plus de 55 ans demeure, en France, désespérément bas. Les jeunes connaissent une précarité « alarmante ». Près d’un sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, et les possibilités d’accès à la formation professionnelle pour les plus de 40 ans sont très largement insuffisantes.

Le responsable de ce déprimant tableau, serait le « pacte de solidarité » mis en œuvre au sortir de la Seconde Guerre mondiale. À savoir : la Sécurité sociale, l’assurance chômage, la retraite par répartition, la semaine des 40h, la création du salaire minimum, ... Pour l’Institut Montaigne, ce pacte « non seulement ne contribue plus à assurer la cohésion sociale mais il la menace ». Plusieurs obstacles hérités de cette époque doivent donc être levés. Et ils sont nombreux.

Le CDI, pour l’Institut Montaigne, le CDI est synonyme de « rigidité inadaptée ». Il est donc proposé de le rendre plus « flexible » En gros, d’en faire un CDD. Côté salaires, les experts de l’Institut Montaigne estiment que : « La hausse continue des salaires tout au long de la carrière professionnelle », à cause de l’ancienneté, est un frein à « l’attractivité des seniors ». Il est proposé de généraliser, les rémunérations variables qui viendraient compléter un salaire fixe.

L’institut demande également la suppression pure et simple de l’âge légal de départ à la retraite. Et l’allongement à 44 ans, d’ici 2020, de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein .Le rapport préconise aussi que la décote appliqué aux pensions des salariés qui n’auraient pas assez cotisé, soit alourdi, passant à 7% par an. Bref, cela signifie travailler 44 ans en CDD permanent avec des salaires très variables…pour toucher une retraite de misère !

La retraite, comme les études, sont considérées comme des temps morts. Le think-tank suggère de développer « l’employabilité tout au long de la vie ». Le travail en alternance et l’apprentissage doivent se généraliser, histoire que les étudiants apprennent davantage de compétences utiles pour les actionnaires, plutôt qu’aiguiser leur esprit critique.

Les élèves apprentis seraient payés avec « de vrais salaires à temps partiel » sans que l’on sache ce qui, pour les chercheurs de l’institut, constitue un « vrai salaire En parallèle, la taxe d’apprentissage payée par les entreprises doit être supprimée, mais l’État est invité à verser une allocation de 300 euros par mois pour compléter les « vrais salaires » des élèves apprentis. Ou comment transformer 2,2 millions d’étudiants en main-d’œuvre à bas coût au nom de la lutte contre le chômage, et aux frais de l’État…

Si les augmentations de salaire liées à l’ancienneté constituent un frein, ce n’est aucunement le cas d’une hausse continue des dividendes versés aux actionnaires (196 milliards d’euros de dividendes en 2007, contre 40 milliards en 1993). Autre silence : les dispositifs d’exonérations fiscales dont bénéficient – inégalement – les entreprises. « Au total, plus de 172 milliards d’euros en 2010 », Soit dix-sept fois le déficit actuel des caisses de retraite ! Plusieurs d’entre eux sont censés avoir été mis en place pour favoriser, directement ou non, la création d’emploi. Étrangement, l’Institut Montaigne n’en tire aucun bilan

Article publié sur http://2ccr.unblog.fr/

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