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Rythmes scolaires : propositions du groupe de pilotage
dépêche AEF du 27 mai 2011

http://www.educationetdevenir.fr/spip.php?article487

Rythmes scolaires : les pistes de travail discutées au sein du comité de pilotage

Le comité de pilotage chargé de réfléchir à une réforme des rythmes scolaires pourrait s’accorder pour proposer un rythme hebdomadaire fondé sur neuf demi-journées au moins (dix par dérogation), mettant ainsi fin à la semaine de quatre jours à l’école primaire, réputée « source de fatigue et d’échec » pour les élèves, selon les informations recueillies par AEF vendredi 27 mai 2011. La décision de travailler le mercredi matin ou le samedi matin, pendant trois heures, serait prise « au niveau local ». Le comité articulera ses propositions autour de deux ou trois scénarios, non encore finalisés, les membres du groupe ne proposant à ce stade que des « pistes de travail ». Initialement prévu pour le 14 juin, le rapport définitif du comité de pilotage devrait finalement être remis à Luc Chatel « fin juin ». Des mesures pourraient être prises à la prochaine rentrée, d’autres à la rentrée 2012.
L’horaire quotidien d’enseignement serait plafonné à l’école et au collège, « à cinq heures maximum en primaire, en 6e et en 5e » et à « six heures en 4e et en 3e ». « Les bornes » d’un « nouveau temps scolaire » seraient fixées au niveau national mais il reviendrait aux établissements d’organiser la journée en respectant « trois contraintes » : pas plus de cinq heures d’enseignement, deux heures d’accompagnement éducatif et une heure et demie de pause méridienne.
Un « temps d’accompagnement éducatif obligatoire » de deux heures, incluant l’aide aux devoirs, et sur le temps de service des enseignants, permettrait aux élèves de ne plus avoir de « travail à faire à la maison ». Ces deux heures seraient obligatoires à l’école primaire, en 6e et en 5e.

« TEMPS GLOBAL ÉDUCATIF »

Les membres du comité avancent une nouvelle définition du concept d’accompagnement, le temps de l’enfant ne pouvant être distingué du « temps global ». Car « les frontières s’effacent peu à peu entre école et famille avec les ENT et les nouvelles technologies, et les contraintes sociétales font irruption dans l’école ». Aussi, estiment les experts, « on parlera plutôt d’un temps global éducatif que l’Éducation nationale n’est pas seule à prendre en charge ». Serait rendu obligatoire « un temps non strictement d’enseignement », afin de « brouiller les frontières du périscolaire jusque là si étanches ». Il s’agirait en outre de « reconnaître le rôle éducatif des différents partenaires » et « d’ouvrir l’école aux collectivités, aux parents, aux associations » pour former « un pacte éducatif ».
Le comité de pilotage prône de fixer un « horaire plancher d’une heure et demie » pour la pause méridienne, pendant laquelle ne doit être prévue « aucune activité d’enseignement ni de soutien ».
Par ailleurs, serait maintenue l’aide personnalisée, dont le bilan est « positif » d’après les membres du comité de pilotage. Il faut toutefois « réguler » la place de ce dispositif dans la semaine pour « éviter de stigmatiser les élèves » et pour ne pas « sacrifier la pause méridienne ». Une piste « plus audacieuse » prévoit de placer un personnel « surnuméraire » qui permettrait dans chaque école la prise en charge de groupes au fil de la semaine, tandis que les enseignants organisent l’aide personnalisée de leur classe. Ce personnel pourrait être un éducateur diplômé « pris en charge de façon partagée par les collectivités locales et l’Éducation nationale ». Il ferait « le lien avec les différents acteurs de projet éducatif global ».

NOUVELLE ORGANISATION DES VACANCES

Le comité de pilotage propose d’allonger l’année scolaire de deux semaines, passant de 36 à 38 semaines. Les vacances d’été seraient ainsi réduites de deux semaines.
Quant aux vacances intermédiaires, les pistes avancées sont les suivantes : allongement des vacances de la Toussaint à deux semaines (soit deux jours de travail en moins), vacances de février inchangées, vacances de printemps réduites à dix jours (soit trois jours travaillés en plus) et banalisation du pont de l’Ascension pour tous (soit un à deux jours travaillés en moins). Les vacances de Noël seraient prises en sanctuarisant la période du 24 décembre au 2 janvier.
Une question reste non tranchée : faut-il zoner les congés, notamment ceux d’été ? Parmi les arguments défavorables au zonage, le comité de pilotage relève le cas des familles recomposées dans des zones différentes, le problème des examens nationaux et, en l’absence de rotation, les mêmes élèves bénéficient de la neige ou de la rentrée à la mi-août. D’un autre côté, le zonage des vacances permet d’éviter que le tourisme ne souffre de la réduction des vacances d’été, de rendre les vacances accessibles à un plus grand nombre (car le coût des hébergements augmente si la période est réduite), et la diminution des grand engorgements routiers.
Enfin, le comité de pilotage proposerait de faire de l’école « un lieu de vie », avec des « aménagements des locaux plus conformes aux besoins », des « salles de permanence équipées d’ordinateurs pour le travail autonome dès le collège ». Il recommanderait également de prévoir « un espace de travail qui permette à des enseignants, par roulement, d’effectuer leur préparations dans l’établissement et le cas échéant de recevoir des élèves ».

Langanay Jean-Yves

Rythmes scolaires : Les congés d'été dans la ligne de mire...

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/05/30052011Accueil.aspx

La réforme des rythmes scolaires va-t-elle emporter deux semaines des vacances d'été ? Vendredi 27 mai, l'AEF a publié une dépêche présentant "les pistes de travail" discutées au sein du comité de pilotage chargé de réfléchir à une réforme des rythmes scolaires. Selon ce document, le comité pencherait vers une réduction de deux semaines et un zonage des congés d'été ainsi qu'une généralisation de l'accompagnement éducatif. L'origine du document reste inconnue. Nous avons pu vérifier son exactitude et consulter les principaux acteurs de cette réorganisation de l'Ecole : syndicats, parents et associations complémentaires. Une certitude : les décisions auront un impact sur les enseignants de l'école au lycée.
 
Selon la dépêche AEF, le comité de pilotage proposerait de réduire de deux semaines les vacances d'été, l'année scolaire passant de 36 à 38 semaines. Les vacances intermédiaires seraient aussi modifiées, celles de la Toussaint passant à 2 semaines pleines (plus 2 jours) mais celles de printemps étant amputées de 3 jours. Le pont de l'Ascension serait donné à tous (moins 1 ou 2 jours). La question du zonage des congés resterait à trancher. " Parmi les arguments défavorables au zonage, le comité de pilotage relève le cas des familles recomposées dans des zones différentes, le problème des examens nationaux et, en l’absence de rotation, les mêmes élèves bénéficient de la neige ou de la rentrée à la mi-août. D’un autre côté, le zonage des vacances permet d’éviter que le tourisme ne souffre de la réduction des vacances d’été".
 
Un plafonnement du temps d'enseignement quotidien. La question des horaires scolaires, alourdis par la réforme Darcos du primaire, serait tranchée par la mise en place d'un horaire maximum d'enseignement quotidien fixé à 5 heures au primaire, en 5ème et en 6ème, et à 6 heures en 4ème et 3ème. Cela implique un passage à 9 ou 10 demi-journées au lieu de 8 au primaire.
 
Les établissements devraient respecter trois contraintes : "pas plus de cinq heures d’enseignement, deux heures d’accompagnement éducatif et une heure et demie de pause méridienne". Jusqu'en 5ème inclus, l'horaire comprendrait un "temps d'accompagnement éducatif obligatoire" de deux heures compris dans le temps de service des enseignants. Il serait consacré à la préparation des  devoirs.
 
L'aide personnalisée, qui a été mise en place au primaire à raison de 2 heures hebdomadaires, est jugée "positive" par le comité. Elle pourrait être confiée à " un éducateur diplômé « pris en charge de façon partagée par les collectivités locales et l’Éducation nationale »". Plus mystérieux, le comité envisagerait de rendre obligatoire un "temps non strictement d'enseignement" ouvert aux partenaires de l'école.  Au final, le comité proposerait fin juin plusieurs scénarios, laissant le ministre choisir.
 
Un ballon d'essai ? Pour vérifier l'exactitude ce document dont l'origine n'est pas indiquée, nous avons contacté François Testu, président de la JPA et membre du comité de pilotage. Selon lui, "la dépêche est conforme aux travaux du comité sauf sur plusieurs points, plusieurs fois abordés, mais sur lesquels le comité n'a pas pris de position arrêtée". Le comité a prévu encore deux réunions avant de fixer sa décision. "C'est le cas pour les grandes vacances", nous dit F Testu. " Pour le comité, la suppression de la semaine de 4 jours au primaire est acquise. L'allègement de la semaine de classe au primaire impose de réfléchir au raccourcissement des grandes vacances. Mais de combien faut-il raccourcir et comment répartir les temps de travail et les vacances : tout cela reste encore en débat. Si on réduit à 23 heures la semaine scolaire comment répartir les heures annuelles d'enseignement (864 h) sans réduire le nombre de jours de vacances ?" Un simple calcul arrive à 37 semaines et demi de cours.  En tous cas la mesure ne semble pas pouvoir être prise avant 2013. L'allongement des vacances de la Toussaint semble également acquis. Mais d'autres points restent à trancher. "Comment intégrer l'aide individualisée, l'aide aux devoirs, les activités complémentaires ? Sur tout cela il faut être prudent", nous dit-il. "L'aide personnalisée apparaît comme une idée généreuse mais on ne sait pas où la mettre". Le développement des activités complémentaires à l'école est une bonne idée mais "les associations complémentaires doivent être soutenues pour pouvoir faire cette prise en charge".
 
Les perspectives. Si l'on ignore qui est à l'origine de cette fuite d'informations vers l'AEF, elle constitue un appréciable ballon d'essai vers les syndicats d'enseignants et les parents. Le rapport qui sera remis fin juin posera la question des congés et de l'annualisation du temps de travail des enseignants. Or le ministère ne semble pas avoir de marge pour compenser, même partiellement, la perte de deux semaines de congés. Imposer l'annualisation pour tous les enseignants aurait aussi des conséquences sociales importantes, par exemple dans l'enseignement professionnel et technologique. Si la question des rythmes et des conditions de vie à l'école des élèves est légitime, celle des conditions de travail des enseignants s'avère déjà mal engagée par ces premières indiscrétions.
 
Lancé en juin 2010, le comité de pilotage chargé de réfléchir à une réforme des rythmes scolaires comprend 18 membres. Il est présidé par Christian Forestier, administrateur général du CNAM, et Odile Quintin, ancienne directrice générale de l’éducation à la commission européenne. Ils sont entourés de 16 membres,  parmi lesquels Roger Bambuck, inspecteur général, Eric Debarbieux, sociologue, Bernard Hugonnier, OCDE, Jean-Marc Roirant, Ligue de l’enseignement, Monique Sassier, médiateur de l’EN, et François Testu, JPA. Le 25 janvier 2011, le comité a remis un premier rapport qui faisait un état des lieux des consultations. "En dépit des préconisations des chronobiologistes", affirmait le rapport , "on note un attachement très fort au samedi libéré et donc au week-end de deux jours… La réduction de deux semaines des congés d’été est consentie "à la rigueur, à condition de permettre le 7/2".

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