Présidentielle : LO présente un "programme de lutte"

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Nathalie Arthaud, candidate à la présidentielle de Lutte ouvrière, a lancé sa campagne mardi 6 septembre à Paris.AFP/MICHEL GANGNE
C'est à quelques pas du Fouquet's, dans le 8e arrondissement de Paris, que Lutte ouvrière (LO) a officiellement lancé sa campagne pour la présidentielle, mardi 6 septembre. "N'y voyez aucun symbole, assure pourtant Nathalie Arthaud, la candidate du parti. C'est uniquement pour des raisons pratiques que nous avons choisi ce lieu. Nous ne ferons pas campagne avenue Georges-V mais bien dans la rue."

Veste en jean, chemisier violet et sourire aux lèvres, celle qui a été désignée en 2008 pour succéder à Arlette Laguiller comme porte-parole du parti, n'est pas venue seule : 13 "camarades", porte-parole régionaux, l'entourent à la tribune. Derrière eux, des affiches donnent le ton : "Les capitalistes et les banquiers sont les seuls responsables de la crise. A eux de la payer, pas aux travailleurs."

"VASTE FUMISTERIE"


C'est d'ailleurs par là que Mme Arthaud, une enseignante de 41 ans, ouvre sa conférence de presse. "Cette campagne va se dérouler dans un contexte particulièrement dur pour les travailleurs, pour les salariés, pour les retraités, pour les petites gens, dont je souhaite porter les préoccupations", explique-t-elle avant de dénoncer la "vaste fumisterie" et le "chantage abject" du gouvernement en direction des salariés sur la crise de la dette. "Ce sont toujours les classes populaires qui finissent par payer !", s'emporte-t-elle. Quant au PS, il ne fera pas mieux s'il arrive au pouvoir : "Les coups ne viendront plus de la droite mais de la gauche", a-t-elle estimé.

Si la candidate investie en 2010 a changé, les thèmes de campagne, eux, restent les mêmes : interdiction des licenciements, répartition du travail entre tous "sans diminution de salaire", indexation des salaires sur les prix ou encore expropriation de toutes les banques... Un "programme de lutte" qui vise à "changer toute l'organisation sociale".

"L'EXPLOSION SOCIALE EST INÉVITABLE"

Comme Arlette Laguiller en son temps, la candidate rappelle que ces mesures "ne peuvent pas être imposées par des élections mais par la lutte". Si Mme Arthaud estime que la présidentielle ne changera rien – "les problèmes resteront entiers" –, elle espère que cette élection contribuera à populariser son programme et "à préparer la suite" car "l'explosion sociale est inévitable".

En très légère augmentation dans les sondages – elle oscille entre 2 et 2,5 % dans la dernière étude Ipsos Logica Business Consulting du 6 septembre pour Le Monde, France Télévisions et Radio France –, elle entend défendre "des objectifs que personne d'autre ne mettra en avant". La candidate de LO semble profiter de l'absence d'Olivier Besancenot : Philippe Poutou désigné par le NPA pour le remplacer en 2012 n'obtient que 0,5 % des intentions de vote.

Si elle reconnaît "des convergences" avec le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) pour autant, elle finit par souligner "une différence essentielle" : "A LO, nous avons choisi de nous situer exclusivement sur le terrain de la classe ouvrière. Ce qui n'est pas le cas du NPA. 'Travailleurs, travailleuses', ce n'est pas qu'un slogan..."

UNE SUCCESSION LOURDE À PORTER

Avec un budget de 2 millions d'euros, pas moins de 60 réunions publiques sont prévues d'ici à fin décembre. Une façon de combler un déficit de notoriété face à Arlette Laguiller, candidate à six reprises à la présidentielle. Une succession lourde à porter mais que la nouvelle candidate revendique. "Je veux m'inspirer d'elle, mettre mes pas dans les siens. C'est vrai qu'il y a une grosse pression mais je veux être à la hauteur."

En attendant, reste à réunir les 500 signatures. Mais LO a toujours réussi à mobiliser très tôt ses réseaux. Mme Arthaud refuse de dire combien elle en a obtenu. "Ça avance bien", assure-t-elle.

Raphaëlle Besse Desmoulières

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