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Évaluation des élèves : en Angleterre, les établissements scolaires falsifient les résultats afin de « booster » leurs performances

 « Trois études indépendantes présentées lors de la conférence annuelle de l'association britannique de recherche en éducation suggèrent que
les résultats des élèves sont manipulés par les écoles », avance un  article publié par « The Telegraph », jeudi 8 septembre 2011. « Dans
une série de révélations dévastatrices, les équipes éducatives ont  admis surnoter les élèves et supprimer les questions difficiles des
tests écrits afin de maximiser leurs performances », poursuit l'auteur  de l'article. En outre, « quelques enseignants ont également expliqué
comment ils abaissent intentionnellement le niveau de leurs élèves  lors de leur entrée à l'école, pour faire ensuite apparaître 'de gros
progrès' les années suivantes ».

 Martin Fautley, professeur à l'université de Birmingham, qui a dirigé  l'une de ces études, indique : « l'évaluation est utilisée dans un but
totalement différent de ce pour quoi elle a été créée initialement.
Les chefs d'établissement disent aux enseignants que les élèves  doivent atteindre un certain niveau, et certains enseignants se
sentent alors forcés de dire qu'ils l'ont atteint, que cela soit vrai  ou non ».
Cette étude s'est intéressée à des enseignants de musique dont les  élèves sont âgés de 11 à 14 ans. 57 enseignants ont été interrogés sur
leur manière de noter les élèves : le font-ils indépendamment ou sous  la pression de leur direction (AEF n°129728), afin de montrer que les
élèves sont en progrès ? « Plus du tiers optent pour la deuxième  réponse », avance l'article.
 QUESTIONS ÉCARTÉES, RÉSULTATS MAQUILLÉS
 
Une deuxième étude a été menée par Birendra Singh, de l'institut de  l'éducation de l'université de Londres. Elle montre que deux écoles -
l'une évaluée par OFSTED (1) comme bonne, l'autre comme excellente - ont simplement maquillé les résultats des élèves étudiant les sciences  durant les trois premières années du cycle secondaire. Un des
enseignants explique : « Les questions auxquelles les élèves avaient échoué ont été écartées et les notes ajustées en conséquence. En
d'autres termes, on a fait s'accorder les notes avec le niveau attendu des élèves ».
 La troisième étude, réalisée par le docteur Alice Bradbury de  l'université Roehampton, montre que certains enseignants ajustent les
notes qu'ils accordent aux élèves de cinq ans, notes « normalement  utilisées comme une base à laquelle se référer les années suivantes
afin de mesurer les progrès effectués ». « Mais l'étude, réalisée dans  deux écoles, révèle que pour quelques élèves, les résultats ont été
délibérément abaissés », afin de faire apparaître « des progrès plus  importants » par la suite.
 
« PRODUIRE DES CHIFFRES POUR QUE CHACUN SOIT SATISFAIT »
 
Alice Bradbury explique au « Telegraph » : « les enseignants, individuellement, ne doivent pas être blâmés parce qu'ils suivent un
système national défectueux ». Elle poursuit : « C'est un système où  tout le monde produit ces chiffres pour que chacun soit satisfait,
cependant il existe un effet réel sur les élèves concernés ».
 
Contacté par le quotidien, le ministère de l'Éducation réagit : « ce  sont de minuscules études réalisées auprès de quelque douzaine
d'enseignants. Il est donc difficile de généraliser les résultats en  l'état actuel des recherches ». « Nous faisons confiance aux écoles, à
leur jugement professionnel et leur bon sens lors de l'évaluation des  progrès des élèves de 11 à 14 ans », assure-t-il. « Les parents
attendent des établissements scolaires qu'ils leur donnent des  informations précises sur le travail de leurs enfants », rappelle-t-il.
 

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