Religion d'amour encore...

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Le siège de Charlie Hebdo détruit par un incendie criminel

Pierre Haski
Rue89 Rue89

Le siège de Charlie Hebdo à Paris a été détruit par un cocktail molotov, selon la police. Son site internet a aussi été piraté, alors que sortait un numéro spécial « Charia Hebdo ».


Capture d'écran du site hacké (Charlie Hebdo)

Le siège de Charlie Hebdo à Paris a été détruit cette nuit par un incendie, vraisemblablement d'origine criminelle. Son site internet a aussi été piraté : la page d'accueil a été remplacée par une photo de La Mecque et des versets du Coran. La police évoque une probable attaque au cocktail molotov.

Selon les dépèches d'agence, l'incendie s'est déclenché « aux alentours de 01H00 du matin » au 62 boulevard Davout (XXe arrondissement de Paris). Il a été « maîtrisé et n'a fait aucun blessé », et, selon la police, il n'y a pas eu d'interpellation.

Ces attaques, physiques et virtuelles, coincident avec la sortie, ce mercredi, d'un numéro spécial de l'hebdomadaire satirique rebaptisé « Charia Hebdo », avec le prophète Mahomet comme rédacteur en chef, afin de « célébrer » la victoire du parti islamiste Ennahdha aux élections tunisiennes dimanche dernier.

Voici la couverture du numéro spécial, que Charlie Hebdo faisait circuler sur les réseaux sociaux depuis deux jours, s'attirant de nombreuses condamnations de la part de la part de musulmans, pas toujours fondamentalistes, mais qualifiant l'attitude du journal de « provocation ». Le titre, avec un dessin de Luz : « 100 coups de fouet si vous n'êtes pas morts de rire ».


Couverture du numéro spécial « Charia Hebdo » (Charlie Hebdo)

Cette affaire n'est pas sans rappeler la controverse qui avait entouré la publication au Danemark, en 2006, des caricatures de Mahomet, que Charlie Hebdo avait été le premier, en France, à reproduire. Parmi elles, celle du prophète avec un turban en forme de bombe, qui avait suscité le plus de critiques.

Charlie Hebdo avait dû être protégé par la police, et avait été poursuivi en justice par plusieurs associations musulmanes, dont la grande mosquée de Paris, mais le journal avait été relaxé. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, avait témoigné en faveur de la liberté d'expression.

Sa Une de l'époque : Mahomet déclarant « C'est dur d'être aimé par des cons ».

Paradoxalement, il y a eu attaque physique cette fois, alors que le numéro est beaucoup moins politique qu'à l'époque des caricatures danoises, devenues un symbole de la « guerre des civilisations », théorie en vogue à l'époque, et provoquant des manifestations violentes jusqu'en Afghanistan. Le numéro d'aujourd'hui est, de ce point de vue, plus « léger », mais pas moins explosif semble-t-il.

Le numéro de cette semaine est résolument anti-curé toutes obédiences confondues, selon une grande tradition de la satire française, puisque le « bandeau » au dessus du titre porte sur l'« autre » affaire du moment, la campagne des intégristes catholiques contre la pièce de Romeo Castullecci au Théâtre de la Ville à Paris.

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